Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

La gestion des stocks

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Stocks et techniques quantitatives

La gestion des stocks est un domaine d’activité consommateur de techniques quantitatives. Certes, les logiciels s’occupent des calculs mais ils ne remplacent pas plus ici qu’ailleurs les décisions humaines. La connaissance théorique des méthodes se révèle donc indispensable. Après avoir rappelé quelques définitions et enjeux, je déroulerai la trame des activités d’une gestion des stocks tout en indiquant quelles techniques statistiques expliquées sur ce site peuvent apporter leur aide précieuse…

Les différents stocks

La classe 3 du plan comptable donne un aperçu de la variété des stocks et des en-cours qui peuvent exister dans une entreprise. Une revue très détaillée serait un peu hors sujet sur ce site et nous nous contenterons ici des principaux types.

Les marchandises : articles achetés pour être revendus en l’état, éventuellement habillés d'un nouveau packaging. Ce sont surtout les commerces qui gèrent des stocks de marchandises.

Les matières premières : au sens large, il s’agit d’articles achetés aux fournisseurs pour être transformés, assemblés, imprimés, peints, découpés, cuits, embouteillés… La liste est presque aussi longue que celle des verbes. Un service approvisionnement se charge de passer les commandes.

Les fournitures : ce sont également des approvisionnements mais destinés à être consommés par l’entreprise. Le plan comptable distingue les fournitures proches des matières premières des « autres approvisionnements » que sont les consommables  (essence, fournitures de bureau, petit outillage ou emballages…).

Les produits finis : entendons par là « en aval de la production ». Le produit n’est pas forcément fini au sens où l’entend le consommateur.

Les produits intermédiaires ou semi-finis : la gestion de leurs stocks relève des responsables de la production.

Les enjeux

D’abord, pourquoi stocker ? Distinguons les produits finis des approvisionnements.

Certains produits finis nécessitent un important stockage soit parce qu’ils sont fabriqués toute l’année alors qu’ils sont surtout consommés à un moment particulier (rentrée scolaire, Noël…), soit au contraire parce qu’on consomme tout le temps des produits qui ne sont « finis » qu’à un seul moment de l’année (vin, poisson de mer congelé…). Les premiers stocks sont dits « tirés » par la consommation tandis que les seconds sont « poussés » (Cf. page modes de production).

Un sur-stockage peut être lié à une opération de marketing (et le jour J, c’est la ruée sur le produit Apple…) ou à une spéculation. Mais il est le plus souvent subi (invendus, mauvaises prévisions de ventes…).

Les commandes de matières premières et autres approvisionnements sont tributaires des livraisons : certaines ou aléatoires, en grandes ou en petites quantités, périssables ou non… Diverses contraintes économiques incitent à diminuer le nombre de commandes donc à accroître le volume de stocks, d’autant que l’achat de grosses quantités permet souvent des réductions de prix. De même, les regroupements de commandes de la clientèle conduisent à stocker les produits finis. Enfin, le stock permet de faire face aux aléas de la demande (produits ou marchandises) ou  d'éviter l'arrêt d'une chaîne de production par manque d’approvisionnements. La rupture de stock peut se révéler désastreuse, tant en coûts visibles qu’en manque à gagner. D’où l'existence du stock de sécurité, dont le niveau est établi grâce aux statistiques (Cf. pages gestion des stocks et loi normale et gestion des stocks et loi de Poisson).

Oui mais voilà, un stock coûte cher. Tellement cher que j’ai délocalisé les frais sur une page ad hoc. Donc, voir page coût des stocks. Autre inconvénient, l'article stocké peut être périssable (ou se démoder).

C’est ici qu’entrent en scène les techniques quantitatives. Comment gérer un stock pour qu’il génère un minimum de coûts tout en évitant une funeste rupture ?

Étude préalable

En amont de la problématique, il faut sélectionner les références qui bénéficieront de soins attentionnés. Ce choix s’opère à l'aide d'une méthode dont il existe deux variantes (80-20 et ABC). La première signifie que 20 % des articles représentent 80 % de la valeur du stock et la seconde montre une répartition en trois catégories qui correspondent à 10 %, 25 % et 65 % environ des références. Deux exemples :

ABC

Il est très facile de valider ou non ces méthodes empiriques (voir page courbes  80-20 et ABC). Mais précisons que la « valeur » des articles ne va pas de soi et qu’il existe différentes techniques de valorisation des stocks.

Petite parenthèse : un zonage ABC est aussi réalisé pour placer les articles dans les entrepôts, les articles A étant d’un accès plus facile. Les critères de répartition ne sont plus les mêmes puisque la valeur de l’article n'a pas d'importance. Autre parenthèse : rien à voir avec la méthode des coûts par activités mise en œuvre par le contrôle de gestion, elle aussi appelée ABC.

Techniques de gestion des approvisionnements

Selon la possibilité ou non de moduler les quantités des commandes et de l’éventuelle fixité de leur périodicité, on opte pour le modèle de Wilson, éventuellement avec tarifs dégressifs, le modèle de Wilson intégrant la pénurie, le modèle en points de commande, le modèle de gestion en avenir incertain, la méthode MRP…

Plus il y a d’incertitudes, plus l’utilisation des statistiques s’avère indispensable notamment par l’emploi de lois de probabilités comme la loi normale ou la loi de Poisson, voire d'une loi discrète spécifique qui se traduit par l'utilisation d'une méthode matricielle.

Le PARAMÉTRAGE est l’étape qui suit le choix de la technique de gestion. En d’autres termes, il faut pouvoir répondre aux questions « quand ? » (détermination de la cadence des commandes) et « combien ? » ainsi que déterminer le niveau du stock de sécurité.

Définitions : la quantité économique (ou stock actif) est la quantité commandée. Le stock maximum est donc la somme du stock actif et du stock de sécurité.  Le niveau qui déclenche la commande est appelé stock de réapprovisionnement, stock critique, stock d’alerte ou point de commande (je crois que c’est tout pour les synonymes).

Les prévisions

Plus ou moins directement, il s'agit des prévisions des ventes, y compris en stock poussé. Toutes les techniques prévisionnelles expliquées sur ce site peuvent faire l’affaire. Une désaisonnalisation additive ou multiplicative est souvent nécessaire pour réaliser une prévision sur une tendance. La saisonnalité est réinjectée ensuite dans les prévisions.

Les méthodes les plus automatiques sont les lissages exponentiels : LES, LED, lissage de Holt, lissage de Winters additif ou multiplicatif… Mentionnons aussi les moyennes mobiles sur lesquelles peuvent se greffer toutes les configurations de régression simple (sur tendance linéaire, quadratique, logarithmique, exponentielle, logistique, de Gompertz…). La régression multiple peut être tentée sur les articles du groupe A mais elle est souvent coûteuse en recherches d’informations.

Ratios

Des ratios permettent d’évaluer la qualité de la gestion des stocks, notamment les ratios de rotation étudiés par les tiers qui, en l'absence des données de gestion, comparent quelques indicateurs issus du bilan et du compte de résultat.

 

stock de stress

 

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