Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

La performance

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Performance, efficacité et efficience

Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le regrette, la compétition fait partie intégrante de notre civilisation. Elle implique la réalisation de performances. Cette compétition se joue sur différents terrains. Le sport, bien sûr, mais aussi le bonheur ! Il est désormais courant de faire partager ses moments de joie via les réseaux sociaux (photos d’un plat appétissant au resto ou d’un moment d’hilarité…) avec en filigrane le désir de faire envie, d’afficher des choix de vie « performants »… Mais cette incontournable performance est aussi (et surtout) économique. Pour une entreprise elle revêt plusieurs formes, souvent contradictoires.

Performance, efficacité et efficience

La performance d’une organisation est la réalisation d’un résultat au moins égal à un objectif compte tenu des ressources disponibles. Elle associe les notions d’efficacité et d’efficience.

L’efficacité (effectiveness) est la réalisation des objectifs. Un médicament est efficace s’il guérit. Par exemple, le médicament A guérit tous les patients mais le B seulement 95 % d’entre eux : A est le plus efficace.

L’efficience (efficiency) fait intervenir les moyens mis en œuvre. Le médicament B ne guérit peut-être que 95 % des patients mais il coûte deux fois moins cher à produire : on peut considérer qu’il est plus efficient que A.

Lorsque l’efficience se mesure sous forme monétaire, on parle de rentabilité. Lorsqu’on mesure des volumes, il s’agit de rendement (par rapport à un facteur de production) ou de productivité (par rapport à un ensemble de facteurs de production).

efficience

Les ennemis de l’efficience sont l’oisiveté et le gaspillage (Comptabilité de gestion, Henri Bouquin, Economica 2008 p. 82). L’oisiveté est la sous-utilisation d’un facteur de production (par exemple une machine qui ne fonctionne que trois heures par jour) et le gaspillage est la consommation abusive d’une ressource (machine mal entretenue qui nécessite des interventions fréquentes…).

La mesure et le suivi

La performance est donc une notion subjective puisqu’elle confronte des réalisations avec les objectifs qu’on s’est préalablement donnés pour les atteindre. Pour autant, cette subjectivité n’implique certainement pas l’absence de mesure ! Celle-ci s’exerce par des indicateurs quantitatifs mais aussi qualitatifs (souvent construits à partir d’enquêtes). Ces derniers se traduisent souvent par des notes.

Les indicateurs peuvent être des données brutes (effectif de l’entreprise, chiffre d’affaires…), des ratios (taux de marge, taux de notoriété…) ou des pourcentages d’évolution (de données brutes ou de ratios). Les indicateurs d’efficience sont forcément des ratios.

Un indicateur de performance n’a d’intérêt que s’il est suivi dans le temps et s'il peut être comparé (par exemple avec le même indicateur d’un concurrent).

Il existe plusieurs domaines dans lesquels une entreprise peut être performante. L’ensemble des indicateurs propres à l’un d’eux compose un tableau de bord, destiné à piloter une structure (direction, unité de production…). La périodicité de ce document est adaptée à son utilisation (quotidienne, mensuelle, annuelle…).

La performance organisationnelle : elle est liée à la combinaison productive, à la flexibilité, au système d’information

La performance productive : des indicateurs visent à évaluer la performance de la chaîne de production elle-même mais aussi la gestion de stocks (par exemple le taux de service), la logistique ou encore le niveau de qualité (taux de rebuts…).

La performance financière : les indicateurs sont extrêmement nombreux (taux d’endettement, rentabilité financière, autofinancement…). Ils mesurent la capacité à dégager des résultats compte tenu des capitaux engagés. Il existe aussi des indicateurs financiers propres aux entreprises qui ont précisément pour objet la finance (banques, activités de marché…). Les professionnels utilisent beaucoup certains indicateurs de référence afin de se situer (benchmarks). Exemple : un gérant de portefeuille investi en actions françaises essaye de surperformer l’indice du CAC 40. Un particulier peut lui aussi chercher un investissement performant en comparant, par exemple, le taux d’intérêt d’une SICAV obligataire avec la rentabilité d’un bien immobilier locatif. Voir la page performance financière.

La performance commerciale : la part de marché, le taux de marque ou encore l’évolution du chiffre d’affaires constituent quelques indicateurs habituels parmi de nombreux autres. Un panorama de ces indicateurs figure en page performance commerciale.

La performance sociale : en France comme en Belgique, le bilan social est un document obligatoire pour les entreprises d’une certaine taille. Il est éventuellement complété par un tableau de bord RH sur mesure. Les indicateurs de performance sont souvent nommés KPI (voir la page typologie des indicateurs RH).

La performance environnementale : l’opinion publique et certains dirigeants eux-mêmes sont de plus en plus sensibles à la réduction de la pollution et autres externalités négatives. Exemples d'indicateurs...

- La quantité de produits dangereux utilisés.

- La consommation d’eau, de gaz et d’électricité.

- La masse de déchets produits et éventuellement rejetés dans l’atmosphère, la mer ou les cours d’eau.

- La part de composants recyclables dans les produits...

Ces différents domaines sont pilotés par des indicateurs de suivi très nombreux, souvent propres à un métier. Par exemple, le gérant d’un hôtel s’intéresse surtout au taux d’occupation (nombre de chambres occupées par rapport au nombre de chambres total) tandis qu’un webmaster scrute l’évolution du nombre de visiteurs uniques ou de pages vues. Ces indicateurs sont aussi choisis en fonction de la stratégie de l’entreprise. Mais c’est toujours un ENSEMBLE d'outils mesurant l’efficacité et l’efficience qui permet d’estimer la performance globale d’une organisation.

Par ailleurs, la notion de performance en entreprise est liée à celle de responsabilité. Si plusieurs personnes sont impliquées dans les différents paramètres qui concourent à la performance, il doit se trouver un responsable qui exerce une autorité sur l’ensemble et qui doit rendre des comptes à sa hiérarchie ou aux actionnaires si la performance n’est pas au rendez-vous.

Les points de vue

Selon les parties prenantes, une organisation est jugée plus ou moins performante. Tout dépend du point de vue auquel on se place. Par exemple, les salariés peuvent estimer que leur entreprise est financièrement performante mais qu’elle ne l’est pas socialement s’ils n’en récoltent pas suffisamment les fruits.

Un associé qui a apporté des fonds à une entreprise espère un retour sur investissement. Il peut préférer en bénéficier le plus rapidement possible ou au contraire avoir une vision à plus long terme, estimant que si le résultat est investi, il recevra des dividendes plus conséquents quelques années plus tard.

Un salarié peut espérer un salaire convenable, une évolution de carrière intéressante, de bonnes conditions de travail et des formations.

Un client espère un bon rapport qualité prix, des facilités de paiement, des délais de livraison courts, un bon service après-vente (SAV), un certain niveau d’information, etc.

Mentionnons pour mémoire les autres acteurs qui situent tous la performance en fonction de leurs exigences : fournisseurs, État et collectivités, usagers, associations de défense de l’environnement ou du consommateur, banques, etc.

Une équipe de direction doit donc arbitrer entre ces attentes très diverses et parfois opposées.

 

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