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 Rentabilité économique et rentabilité financière

La rentabilité : voici un concept évocateur. Si les excès d’une recherche de rentabilité à court terme teintent parfois ce terme d’une connotation négative, il est évident qu’une bonne rentabilité constitue un élément de pleine santé économique.

Mettons les choses au point (pour les puristes).

L’efficience est la capacité à obtenir un résultat à l’aide de ressources. Lorsque ce résultat s’exprime sous forme monétaire, on parle de rentabilité.

L’efficience est une notion difficilement mesurable. Un musée non rentable est subventionné si les pouvoirs publics le considèrent comme efficient. L’élévation du niveau de culture des visiteurs n’étant pas chiffrable, l’évaluation est forcément subjective... Autre exemple, un tableau de bord RH comporte des indicateurs d’efficacité (atteinte des objectifs) et des indicateurs d’efficience (voir « Les tableaux de bord Ressources Humaines » de J.-Y. Le Louarn, Liaisons 2008). Mais si l’on évoque assez souvent la productivité du travail, la notion de rentabilité reste en revanche souvent implicite.

Pourtant, celle-ci se mesure beaucoup plus souvent que les autres formes d’efficience. D’une part la tâche est moins difficile (données disponibles, ratios « prêt-à-porter ») et d’autre part la traduction monétaire lui donne une compréhension immédiate.

Globalement, une entreprise de bon aloi dégage une rentabilité, c’est-à-dire une capacité à produire des résultats, mesurée par des rapports entre soldes intermédiaires de gestion et moyens mis en œuvre pour les produire. Les taux de marge ou de valeur ajoutée n’entrent donc pas dans cette définition, bien que certains les considèrent comme des indicateurs de rentabilité.

Je n’évoquerai ici ni la rentabilité d’un portefeuille, ni les calculs de rentabilité tels qu’ils sont conduits dans le cadre d’un contrôle de gestion (ROI), ni la rentabilité prévisionnelle d’un investissement (TIR et VAN), mais la rentabilité d’une entreprise considérée globalement.

À ce niveau, on distingue la rentabilité économique de la rentabilité financière.

La rentabilité économique ou ROA (Return On Assets)

Ici, qu’importe si l’entreprise est surendettée. On mesure ici sa capacité à transformer en résultat ses capitaux, d’où qu’ils proviennent. L’argent n’a pas d’odeur.

Définissons d’abord le résultat économique.

C’est le résultat d’exploitation après impôts duquel on a retiré les charges d’intérêt. Les autres charges et produits financiers sont bien inclus mais, dans la mesure où l’on ne s'intéresse pas à la provenance des capitaux, il est logique de retirer les intérêts versés… Quant à l’impôt sur les bénéfices, c’est en utilisant son TAUX et non son montant qu’on le soustrait puisqu’un certain nombre d’éléments de son assiette sont exclus du calcul (les intérêts mais aussi le résultat exceptionnel et la participation).

Deuxième définition préalable, celle de l’actif économique.

Celui-ci est parfois appelé capital économique, ce second nom évoquant une notion ambiguë, à la fois active et passive… Il est vrai que cet « actif » se définit aussi bien comme la somme des actifs immobilisés nets (quoique certains analystes préfèrent utiliser le brut), du besoin en fonds de roulement (BFR) et des disponibilités (et moins les provisions pour risques et charges), que comme la somme des capitaux propres hors dividendes versés et des dettes financières. Bien que l’approche soit patrimoniale, donc non-valeurs exclues, le BFR est retraité, notamment par l'intégration du crédit-bail.

En général, la rentabilité économique s’apprécie comme le ratio du résultat économique sur l’actif économique. Toutefois, d’autres définitions forcément assez proches existent (excédent brut d'exploitation (EBE) remplaçant le résultat économique, par exemple…).

Ce ratio intéresse particulièrement les banques qui souhaitent savoir dans quelle mesure l’argent prêté dégagera un résultat.

Il se décompose en taux de marge économique (résultat économique par rapport au chiffre d’affaires) et rotation de l’actif (CA / actif économique). En d’autres termes, l’amélioration de la rentabilité économique passe par de meilleures marges et/ou par un appareil de production qui « tourne plus vite ».

rentabilité économique

La notion de rentabilité économique est illustrée en page exemple de rentabilité économique. Elle est inséparable de celle de risque économique.

La rentabilité financière ou ROE (Return On Equity)

À moins d’être prêts à investir dans n’importe quoi, les actionnaires s’intéressent au taux de rendement des capitaux propres. Celui-ci est d’ailleurs lié à la rentabilité économique par l’effet de levier.

Comment étudier la rentabilité des seuls capitaux propres ?

On utilise souvent le résultat courant après impôts (c’est-à-dire le « profit » hors exceptionnel). Il est rapporté aux capitaux propres après répartition.

La décomposition de ce ratio fait intervenir le taux de marge bénéficiaire ainsi que le coefficient d’endettement. Ce dernier est un indicateur de structure financière. C’est l’actif économique rapporté aux capitaux propres.

rentabilité financière

Voir l'illustration en page exemple de rentabilité financière.

Il est par ailleurs possible de calculer un seuil de rentabilité financier.

Sous réserve d'une possible subtilité dans la définition des résultats (EBE ou résultat économique...), les deux rentabilités sont identiques lorsque l'endettement est nul.

Pour conclure

La notion de rentabilité globale étant un peu floue, il est habituel de différencier la rentabilité économique de la rentabilité financière. Cette distinction n’est d’ailleurs pas propre à l’analyse financière puisqu’elle est reprise au niveau macro-économique. Voir à cet égard :

http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/spip.php?article447

 

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