Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les organisations

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Actions collectives et organisations

Une présentation générale de la notion d’organisation permet de fixer les idées sur un concept essentiel en économie et en gestion. C’est d’ailleurs par là que commence le programme de management de première STMG, dans lequel cette page s’inscrit.

Actions individuelles et collectives

Partons de l’action individuelle. Les moyens d’un individu isolé ont une portée et une durée limitées, même s’il s’agit d’un génie. Les activités purement individuelles n’ont donc pas un impact important au-delà de l’environnement immédiat de la personne agissante. D’ailleurs, une action 100 % individuelle à visée collective est rarissime. Même le site web que vous consultez en ce moment, qui n’est l’œuvre que de moi-même, bénéficie en amont de générations d’informaticiens (création d’Internet, conception et production d’un ordinateur, élaboration du langage HTML…) et d’un hébergeur en aval.

D’où la nécessité d’actions collectives, toujours plus efficaces que l’action individuelle (à moins de traîner une bande de boulets mais ne nous plaçons pas dans cette hypothèse !). Dans la sphère économique, ces actions se sont multipliées depuis la révolution industrielle, au XVIIIe siècle, avec la division du travail. Elles sont conduites par un ensemble de personnes qui visent un ou plusieurs buts communs. Les objectifs atteignables sont ainsi plus ambitieux que ceux d’une personne seule. Mais l’action collective suppose un minimum d’organisation.

En effet, supposons un navire qui emmène des voyageurs d’un port à un autre. Ceux-ci ont bien un objectif commun, celui de se rendre à un même endroit. Mais on ne peut pas parler d’action collective car se sont des individus indépendants. En revanche, l’équipage participe à une action collective organisée.

Navire

Les objectifs stratégiques sont généralement bien connus mais des buts secondaires sont également poursuivis. De même, il existe des objectifs à long terme différents de ceux qui sont visés à court terme.

Enfin, toute action collective s'inscrit dans un cadre plus ou moins contraignant. Ces contraintes sont internes (les ressources financières et humaines étant limitées) et externes car il faut s'adapter en permanence à l'environnement. De plus, quiconque a travaillé dans n'importe quelle organisation sait que le TEMPS est souvent la contrainte la plus présente au quotidien !

L’organisation

Une organisation suppose une spécialisation de chacun de ses membres. Étymologiquement, on peut rapprocher ce terme de l’ « organe ». Chaque organe est spécialisé, le rôle du foie n’étant pas celui du cerveau. Toutefois, la notion d’organisation n’a pas de définition unique. Elle peut être employée dans un sens assez large ou au contraire pour décrire des situations bien précises.

Au sens large, on peut considérer qu’il existe des organisations d’animaux : chaque fourmi, abeille, loup ou chimpanzé tient un rôle spécifique au sein de sa colonie ou de son groupe. L’objectif commun est la survie de l’espèce. En revanche, on peut difficilement parler d’organisation pour qualifier un banc de poissons, même si ceux-ci réussissent la prouesse de nager ensemble sans se toucher et de changer de direction dans une parfaite synchronisation.

Donc, pour qu’une organisation humaine fonctionne, il ne faut pas que toutes les personnes qui la composent fassent la même chose (ce qui nous ravalerait au banc de poissons). Les tâches de chacun doivent être définies et une coordination doit exister. Ainsi, l'organisation devient une entité propre, vivante, dont l'existence dépasse celle de ses membres.

Dans un sens plus restrictif (que nous retiendrons ici), on considère qu’une organisation s’inscrit dans la DURÉE. Il lui faut alors une structure juridique qui est à la fois une contrainte et une protection. D’où l’existence de statuts dans l'immense majorité des cas.

Pour résumer, ce qui distingue l’organisation de la simple action collective (qui implique déjà une forme d’organisation), c'est qu’elle s’inscrit dans la durée et que les différentes tâches, y compris les prises de décision, sont coordonnées.

Le fonctionnement des organisations

Afin d'être performante, l'organisation requiert une spécialisation de chacun et une coordination de ses membres mise en œuvre par un management plus ou moins centralisé. Le schéma qui illustre ces spécialisations et les dépendances entre les différents acteurs est l’organigramme. Cet outil est riche d’enseignement sur la façon dont une organisation est managée (hiérarchie plus ou moins lourde). Le fonctionnement d'une organisation suppose aussi l’existence d’une communication entre ses membres ainsi que l'existence de ressources, évidemment humaines mais aussi matérielles et financières.

La science qui étudie la façon dont les humains structurent leurs relations et les coordonnent en vue d’un objectif est la sociologie des organisations.

Caractéristiques et types

Nous avons déjà évoqué quelques caractéristiques qui peuvent différencier les organisations : leur taille, leur activité, leurs ressources, la façon dont le pouvoir est réparti, leur finalité… D’autres éléments sont également importants.

En effet, les organisations humaines sont particulièrement diverses : équipes sportives, troupes de théâtre, orchestres, etc.  Dans la mesure où nous nous intéressons plus particulièrement à celles qui sont prévues pour durer (dans un cadre juridique), nous distinguerons trois grandes catégories : les entreprises, les associations et les organisations publiques.

Les entreprises affichent plusieurs buts (rôle sociétal, satisfaction du consommateur…) mais celui qui les caractérise plus particulièrement et de façon globale est la recherche de bénéfices.

Les associations, au contraire, sont à but non lucratif. Elles sont très diverses : associations sportives, partis politiques, syndicats, congrégations religieuses, associations de défense de l’environnement… Elles peuvent recevoir des fonds, par exemple en faisant appel aux dons, mais ceux-ci sont forcément réinvestis pour participer aux objectifs fixés.

Enfin, les organisations publiques assument des missions d’ordre public.

Ces différents types d’organisations ont des rayons d’action très divers : local, national, international. Une entreprise, par exemple, peut aussi bien être l’épicerie du coin de la rue qu’une multinationale.

Rôle sociétal

Les organisations quelles qu’elles soient jouent aussi un rôle pour lequel elles n’ont pas forcément été créées : celui d’un ciment social. Certes, ce but est parfois évident : la mise en place d’un comité des fêtes a certainement pour objectif de resserrer les liens au sein d’une communauté. À l’inverse, une organisation qui supprime les liens qu’elle a créés s’expose à des réactions parfois violentes (mouvements sociaux dans une entreprise qui ferme l’une de ses unités, par exemple).

Par ailleurs, la société réclame aux organisations une certaine déontologie. Pour illustrer cette exigence, mentionnons par exemple les règles de sécurité qui sont beaucoup plus contraignantes dans des locaux collectifs que chez un particulier. De même, les entreprises s’exposent à des pétitions, voire au boycott de leurs produits si leurs méthodes de production vont à l’encontre de ce que l’opinion publique souhaite : fabrication de textiles et de chaussures dans le respect de la dignité humaine dans certains pays d’Asie, non utilisation d’œufs de poules élevées en batterie dans les produits alimentaires, etc. Une entreprise qui intègre dans ses choix une dimension environnementale et sociale est dite « citoyenne ». Mais cette préoccupation est très fluctuante d’un pays à l’autre…

 

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