Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les OPCVM

logo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gestion collective : SICAV et FCP

En France, les OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) sont un élément incontournable du paysage financier, bien connu des investisseurs particuliers comme des trésoriers d’entreprise auxquels ils offrent des produits d’investissement qui reflètent la composition de portefeuilles et donc une diversification du risque. Ce n’est d’ailleurs pas leur seul avantage, comme nous allons le voir.

Les OPCVM sont essentiellement des SICAV (Sociétés d’Investissement à Capital Variable) et des FCP (Fonds Communs de Placement). C’est l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) qui autorise leur création et en assure le contrôle.

SICAV et fonds communs

La principale différence entre les SICAV et les FCP réside dans leurs formes juridiques, dont la distinction n’est d’ailleurs pas toujours d’un immense intérêt pour le souscripteur (notamment pour le particulier qui investit à un horizon de plusieurs années).

La SICAV est un type de société anonyme créé en 1963. Comme son nom l’indique, le capital VARIE au gré des achats (souscriptions) et des ventes (rachats). Toutefois, les parts de certains OPCVM ne peuvent être souscrites qu’au cours d’une période déterminée et l’on parle alors de fonds fermés (par opposition aux fonds ouverts).

Filiale d’un organisme financier, une SICAV a la personnalité morale. En fonction de l’évolution du prix des actifs qui composent son capital, la valeur liquidative de ses parts sociales varie. Si la SICAV n’est composée que d’un panier d’actions A et B et que le prix de A augmente tandis que B reste inchangé, alors elle prend de la valeur. C’est purement mécanique. Ainsi, la valeur d’une part varie chaque jour, mais celle-ci n’est pas à proprement parler cotée puisque ce sont les titres qui la composent qui le sont. C’est aussi la raison pour laquelle on ne parle pas de prix ou de cours d’une part d’OPCVM mais de valeur liquidative. Exception : les fonds fermés, dès lors que leur période de souscription est close.

Dans une SICAV à compartiments coexistent plusieurs portefeuilles. Une fois que le souscripteur s’est acquitté des frais d’entrée, il n’en aura pas d’autres s’il passe d’un compartiment à un autre. En revanche, le fisc considèrera qu’il y a bien un rachat puis une souscription.

Dans la mesure où ce sont les investisseurs qui paient l’impôt sur le revenu ou sur les plus-values, la SICAV n’est pas imposée.

Les revenus générés par les titres que détient une SICAV, par exemple les dividendes, sont soit réinvestis (SICAV de capitalisation) soit versés périodiquement à l’investisseur.

Les FCP existent depuis 1967. Ce ne sont pas des sociétés mais des copropriétés de titres. Ils sont de taille plus petite que les SICAV et leurs obligations d’information sont moindres (aucune obligation de publier des résultats). Les prix de leurs parts sont fixés chaque fin de semaine ou toutes les quinzaines. En pratique, c’est sur ce point que l’investisseur particulier relève une différence entre FCP et SICAV puisqu’il existe un petit délai lorsqu’il souhaite vendre ses parts. Là aussi, il existe des fonds capitalisés et d’autres qui distribuent un revenu régulier à leur détenteur.

Un FCPE (FCP d’Entreprise) est réservé aux salariés d’une entreprise dans le cadre de l’épargne salariale, par exemple au titre de la participation. Un FCPE est soit diversifié, soit d’actionnariat salarié (au moins un tiers de titres de l’entreprise).

Les FCPI sont des fonds investis dans l’innovation. Ils font partie de la famille des FCPR (à Risques), investis dans des sociétés de certains secteurs de pointe cotées ou non à 60 % au moins. Ces sociétés doivent avoir leur siège dans l’Union Européenne, employer moins de 2000 salariés et avoir un caractère innovant. Autre type de FCPR, le FIP (Fonds d’Investissement de Proximité). Il comprend au moins 60 % de titres de PME non cotées sur une zone géographique déterminée. Sous réserve d’être conservées au moins cinq ans, les parts de FCPR bénéficient d’une fiscalité intéressante.

Les fonds les plus risqués sont les FCIMT (Fonds Communs d’Intervention sur les Marchés à Terme) qui peuvent inclure jusqu’à 50 % de contrats à terme ou d’options.

Les titres d’OPCVM offrent les avantages de la liquidité (les parts n’ont pas une valeur très élevée) et du risque mutualisé mais les droits d’entrée peuvent être assez élevés, surtout s’ils ne sont pas acquis via l’organisme promoteur.

Les différents supports

Afin de satisfaire les investisseurs selon leur profil, chaque OPCVM intervient sur un marché bien ciblé.

Les SICAV monétaires sont composées de titres à court terme sans risque (bons du Trésor, titres de créances négociables…). Forcément, elles ne rapportent pas grand-chose… Plusieurs zones monétaires sont disponibles. C’est plutôt vers ce type de produit que se tournent les trésoriers de PME et d’ailleurs ces sociétés souvent appelées « SICAV de trésorerie ». Compte tenu des droits d’entrée, il est recommandé de comparer leur rendement par rapport à des investissements directement réalisés en créances à très court terme et d’en mesurer la sensibilité sur longue période.

Les OPCVM obligataires sont essentiellement composés d’obligations. Ils sont un peu plus risqués et, si tout se passe bien, plus lucratifs que les précédentes. Malgré leur dénomination, ils peuvent contenir jusqu’à 10 % d’actions. Des SICAV « à revenus réguliers » permettent de recevoir un revenu connu à l’avance tous les mois ou tous les trimestres.

Les OPCVM actions sont investis, qui l’eut cru, en actions. La rémunération et le risque, comme souvent inséparables, peuvent être élevés. Ils sont ciblés sur une zone géographique, un secteur d’activité, un niveau de risque ou de taille d’entreprise. Chaque investisseur doit pouvoir y trouver son bonheur ! Ils sont libellés en devises s’ils sont investis à l’international.

Les OPCVM diversifiés, à « compartiments », panachent différents supports.

Un OPCVM indiciel ou tracker doit suivre les évolutions d’un indice (actions, obligations, matières premières…). Le terme « tracker » est plus générique dans la mesure où l’OPCVM est une institution française et les trackers existent partout dans le monde. Les frais sont moindres que sur les autres types d’OPCVM puisqu’ils ne nécessitent qu’une gestion passive, qui ne suit pas les choix d’un analyste financier.

Enfin, certains OPCVM sont garantis. Le souscripteur sait qu’il ne perdra rien de son capital ou alors un pourcentage déterminé à l’avance. Bien entendu, le gain potentiel est plus limité que si l’OPCVM n’est pas garanti.

Un FCP dédié auquel seule une entreprise peut souscrire permet de limiter l’impact de la fiscalité en jouant sur les frais de gestion.

Enfin, nec plus ultra de la mutualisation des risques, il existe aussi des fonds de fonds.

Avantages et inconvénients

Pour l’investisseur, nous avons vu que les avantages sont nombreux. Les OPCVM permettent de se positionner sur d’improbables marchés qui seraient inaccessibles en investissement direct, leurs parts sont liquides, les risques sont mutualisés, la gestion est assurée par des professionnels qui en principe possèdent davantage d’informations qu’un particulier pour gérer au mieux leurs portefeuilles, la mise initiale peut souvent être très faible, etc.

L’inconvénient est le coût, notamment en droits d’entrée, qui peut nécessiter pour être amorti de détenir les titres pendant plus longtemps que s’ils étaient acquis directement. Par ailleurs, la vente est moins immédiate, surtout pour les OPCVM qui ne peuvent l’être qu’en fin de quinzaine…

Enfin, il existe un risque sur le marché lui-même. En raison du succès des OPCVM, les analystes professionnels sont particulièrement nombreux. Or, ils disposent plus ou moins des mêmes logiciels, des mêmes informations fondamentales et techniques et donc des mêmes prévisions. Ils agissent donc de concert sur les marchés, ce qui multiplie la volatilité, contredisant au passage la théorie selon laquelle les prix s’ajustent immédiatement lorsque la liquidité et l’information sont parfaites. C’est donc paradoxalement une recherche du moindre risque qui crée le risque !

Des sites consacrés aux OPCVM : http://www.sicavonline.fr/, http://www.opcvm.info/

Glossaire : http://www.opcvm360.com/education/glossaire-des-opcvm/A

 

OPCVM

 

© JY Baudot - Droits d'auteur protégés