Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

L'excédent brut d'exploitation

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EBE et ratios avec EBE

Si vous souhaitez mesurer les performances d’une entreprise sous le seul angle de son activité (industrielle et commerciale, mais non financière), ne cherchez plus. Voici l’indicateur adéquat.

L’EBE est un solde intermédiaire de gestion (SIG). En pratique, il est obtenu à partir de la valeur ajoutée (VA), masse monétaire à partager entre les salariés, les pouvoirs publics et l’entreprise elle-même (y compris les actionnaires). Cette dernière part correspond à l’EBE. Donc, pour l’obtenir, on ôte de la VA les impôts et taxes (mais on intègre les subventions d’exploitation) et surtout les charges de personnel. L’EBE peut aussi se calculer directement à partir du compte de résultat (avec le plan comptable en usage en France, c’est le solde entre les comptes de produits 70 à 74 et les comptes de charges 60 à 64).

Je devine que vous vous attendez à un exemple. Pour cela, rendez-vous en page exemple de SIG.

Si le solde est négatif, il s’agit d’une « insuffisance brute d’exploitation ». Le cas est heureusement rare...

L’EBE n’intègre que des FLUX et aucun calcul plus ou moins forfaitaire (de type « amortissement »). C’est pourquoi il constitue une bonne base de départ pour calculer la capacité d’autofinancement (CAF).

Que signifie l’EBE ?

C’est un résultat d’exploitation qui est indépendant du système d’amortissement, donc de la législation fiscale. Il n’est pas impacté par le mode de financement : peu importe que les investissements soient autofinancés ou qu’ils nécessitent des emprunts. Les mouvements exceptionnels sont eux aussi exclus.

L’EBE est considéré comme un indicateur avancé des ressources de trésorerie, mais centrées sur l’exploitation (contrairement à la CAF).

C’est sans doute le SIG le plus significatif, du moins dans l’industrie.

L’EBE retraité

L’EBE est parfois corrigé des autres produits et charges de gestion courante ainsi que des transferts de charge d’exploitation. Il n’est en effet pas très logique que ces postes soient exclus du calcul.

La Centrale des Bilans de la Banque de France utilisait un EBE qui réintégrait les loyers de crédit-bail et diminué de la participation des salariés. L’excédent brut global représentait la somme de l’EBE retraité et du résultat hors exploitation.

Un exemple d'EBE où le crédit-bail est retraité figure en page calcul d'une CAF.

Ratios

Contrairement aux valeurs absolues, les ratios autorisent des comparaisons entre entreprises de tailles différentes. Ils sont les éléments incontournables des diagnostics financiers et du scoring d’entreprise.

En tant qu’élément de ratios, l’EBE permet de mesurer deux types de rentabilité.

La rentabilité d’exploitation est évaluée par un SIG rapporté au chiffre d’affaires hors taxes. Ainsi, le taux d’EBE, ou taux de marge brute d’exploitation, se présente ainsi :

taux d'EBE

La rentabilité économique d’une entreprise se mesure par un résultat rapporté aux moyens mis en œuvre (haut de bilan) pour le réaliser. Un ratio de rentabilité qui exclut l’impact des charges calculées et du résultat financier se mesure par le taux de rentabilité brute des ressources stables : EBE / Ressources stables.

Au-delà de l’étude de rentabilité, l’EBE peut être comparé aux autres SIG.

Le ratio Résultat / EBE indique dans quelle mesure le résultat de l’exercice est dû à l’exploitation. Le rapport EBE / VA évalue combien la VA profite à l’entreprise elle-même (mais il ne fait pas partie des ratios incontournables ; il est en concurrence avec le ratio Autofinancement / VA).

Et au niveau macro ?

En France, l’INSEE publie des statistiques sur l’utilisation de l’EBE. Le graphique ci-dessous, réalisé par l’INSEE, en montre l’évolution. Source :

http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/default.asp?page=dossiers_web/partage_VA/partage_VA.htm

évolution de l'EBE en France

 

EBE

 

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