Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les organisations et leur environnement

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Organisations : objet, échanges et environnement

Cette page expose quelques généralités sur les organisations. Elle survole une partie du programme de sciences de gestion de première STMG. L’une des problématiques de ce programme est « une association, une organisation publique, une entreprise peuvent-elles être gérées de façon identique ? ». Nous ne chercherons pas ici à répondre de façon définitive à cette question (qui de toute façon n’appelle pas de réponse simple) mais seulement à mettre en parallèle ces trois types de structures.

L’objet social

Quelle que soit la nature juridique de l’organisation, son action est dirigée dans les limites de son objet social.

L’objet d’une entreprise est inscrit dans ses statuts. C’est le type d’activité qui doit lui permettre de dégager des bénéfices. Il peut d’ailleurs évoluer et s’étendre à d’autres domaines si cette extension relève de décisions stratégiques (exemple : Bouygues, société du bâtiment et de travaux publics, est devenu un acteur majeur de la téléphonie mobile). Il faut alors redéfinir les statuts.

L’association poursuit un but non lucratif dans le cadre d’un objet social. Là aussi, celui-ci peut s’étendre en fonction des besoins. Ainsi, la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) n’agit plus uniquement pour protéger les oiseaux mais pour préserver la nature et la biodiversité en général. Une association ne peut agir en justice que dans le cadre de son objet clairement circonscrit.

L’organisation publique a pour objet d’assurer des missions de service public. L’État ou les collectivités locales définissent et parfois redéfinissent ses attributions. Par exemple, le périmètre d’intervention d’un ministère peut être modifié lors d’un changement de Gouvernement (la meilleure preuve étant que le nombre de ministres est très fluctuant !).

Marché et échanges

L’entreprise produit et vend des biens et services. Parfois, un service est vendu avec un bien (par exemple une extension de garantie, l’accès à une hotline, une livraison…). On parle alors de service associé.

Petite remarque en passant : si l’on dit que l’entreprise « produit », il ne s’agit pas forcément d’une production telle qu’on la définit dans l’industrie. Au sens large, toutes les entreprises produisent. Ainsi, un hypermarché « produit » un service, celui de mettre des marchandises à la disposition de ses clients.

Le bien ou le service est vendu sur un lieu réel ou fictif appelé marché. Sur celui-ci se rencontrent les vendeurs et les acheteurs qui souhaitent échanger. S’il existe un prix, il s’agit d’un échange marchand. Une entreprise opère dans la sphère marchande. Parfois, le bien ou le service est changé sur un marché qui n’en est pas vraiment un : un sous-traitant qui ne travaille que pour un seul donneur d’ordre ne se positionne pas comme un acteur libre sur un véritable marché.

Les associations et les organisations publiques fournissent des échanges non marchands (quoiqu’il soit un peu abusif de parler d’échange !). Ils sont gratuits. Ceci ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas aussi vendre des biens et des services. Une association peut tout à fait commercialiser des t-shirts avec son logo. Ceci ne signifie pas non plus que ces services ne coûtent rien à personne : tous les passants profitent de la lumière des réverbères, mais en amont il y a forcément des contribuables qui paient l’électricité. Celui qui achète un service est un client, celui qui en bénéficie gratuitement est un usager (Note : ce terme s’applique aussi aux clients de services publics et l’on parle d’usagers du téléphone ou des transports en commun, bien que ces services soient payants).

L’environnement

Nous y avons fait allusion en présentant les objets sociaux : l’environnement a une influence forte sur les organisations. La réciproque est vraie mais pour une moindre mesure (à moins d’être un acteur majeur de la société, tels Google ou Facebook).

On peut justement définir ainsi l’environnement : c’est l’ensemble des facteurs externes qui ont une influence sur l’organisation. Certes, ces facteurs peuvent représenter des contraintes. Mais la raison d’être de n’importe quelle organisation se trouve dans son environnement ! C’est donc avant tout une opportunité.

En effet, que serait une entreprise si elle n’avait pas le moindre client ou une organisation publique sans usager ? Quant aux associations, elles rendent des services à une catégorie de population, parfois adhérente (sportifs…), parfois non (malades atteints du cancer, populations déportées…), mais elles ne peuvent s’affranchir de la « demande » que leur adresse leur environnement.

Précisons toutefois que l’objet de certaines associations et organisations publiques n’est pas d’apporter directement des services aux individus (protection du patrimoine ou de la nature, par exemple).

D’autres acteurs externes sont les fournisseurs. Ceux-ci peuvent entretenir des relations commerciales sur une très longue période ou n’en avoir qu’une seule dans le temps (exemple : une petite association achète son unique ordinateur). Ces relations sont marchandes, sauf si ce sont des donateurs ou des entreprises partenaires qui apportent gracieusement des biens à une association, ou des bénévoles externes qui lui rendent service.

Les prescripteurs sont d’autres acteurs extérieurs. Ils incitent ou obligent l’organisation à recourir à tel fournisseur. Derrière ce terme se cachent des réalités multiples. L’incitation peut être exercée par un leader d’opinion. Par exemple, lorsque Chanel emploie Brad Pitt ou Kate Moss dans ses publicités pour parfums, c’est que cette société les juge légitimes pour prescrire ses produits. On appelle aussi prescripteur un intermédiaire qui apporte une affaire à un fournisseur. Autre type de prescription : dans des domaines réglementés, les collectivités sont obligées de traiter avec certains fournisseurs en particulier. Les pouvoirs publics apparaissent ainsi comme des prescripteurs.

D’autres acteurs permettent le financement de l’activité (banques, associés, donateurs…).

Les interventions de l’État sont quant à elles très diverses. Pour une entreprise ou une association, l’État est source de contraintes réglementaires mais aussi de subventions. Il peut donc être financeur mais aussi client, prescripteur…

Tous ces acteurs ont des attentes différentes. Les clients en ont sur le prix et sur la qualité, les pouvoirs publics sur l’emploi, les banques sur la solvabilité…

Mais il serait incomplet de ne définir l’environnement que par ses acteurs car c’est aussi un ensemble de domaines qui évoluent et qui agissent les uns sur les autres. Ce sont l’environnement social et sociétal (démographie, attentes de la société, valeurs…), les évolutions technologiques, la structure économique (concurrence, organisation de la profession…), la conjoncture (période plus ou moins favorable économiquement), les décisions politiques (par exemple l’interdiction de commercer avec certains pays), les contraintes juridiques (réglementation), la nature elle-même (catastrophes naturelles, météo…), les épidémies, etc.

 

environnement de l'organisation

 

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