L'entrepreneur

Caractéristiques et rôles des entrepreneurs

L’entrepreneur est au cœur de la révolution numérique. Mais qui est-il ? Cette appellation, telle que nous la comprenons aujourd’hui, n’est pas nouvelle. Elle date de Richard Cantillon, au dix-huitième siècle.

Quelques pays, à certaines périodes, ont été propices à l’entrepreneuriat, lorsque les progrès techniques étaient accessibles à tous et où le régime politique et la fiscalité n’entravaient pas la libre entreprise. Au début du vingtième siècle, à l’époque où des passionnés pouvaient créer leur marque de voitures, de nombreuses industries ont vu le jour. Puis de grosses sociétés ont permis des innovations qui réclamaient toujours plus de moyens financiers. Depuis la fin du vingtième siècle, les NTIC permettent à nouveau de créer des entreprises avec peu de moyens, d’où une nouvelle vague d’entrepreneurs. Certaines start-ups devenues des géants ont été créées par des visionnaires qui ont décelé très tôt les possibilités offertes par la micro-informatique puis par Internet : Apple en 1976, Amazon en 1994, Google en 1998, Facebook en 2004, Twitter en 2006…

 

Définitions

Comme toute notion portant sur l’humain, celle d’entrepreneur fait débat. Pour certains, il s’agit d’une personne qui crée une entreprise. Pour d’autres, c’est celui qui non seulement la crée mais parvient ensuite à la développer sur le long terme.

En 1950, l’économiste Joseph Schumpeter définissait l’entrepreneur comme étant « une personne qui veut et qui est capable de transformer une idée ou une invention en une innovation réussie ».

Louis Jacques Filion propose une définition plus large : « un entrepreneur est une personne qui imagine, développe et réalise ses visions ».

Bon nombre d’auteurs ont établi des typologies d’entrepreneurs. Le but de cette page n’étant pas d’établir un inventaire, que ce soit de définitions ou de typologies, nous illustrerons ce que peut être un entrepreneur par deux exemples célèbres de réussites.

 

Exemples

Durant la première guerre mondiale, l’ingénieur Marcel Bloch fait ses classes au sein du deuxième groupe aéronautique (l’armée de l’air n’existait pas encore). Il y conçoit une hélice, puis un avion entier. Après l’armistice, il crée des entreprises dans d’autres domaines. L’environnement politique devenant plus favorable au secteur de l’aviation militaire, il développe une société de construction d’avions à partir de 1931. L’homme, qui prendra après la seconde guerre mondiale le nom de Marcel Dassault, a donc concilié de solides compétences techniques au service d’une grande inventivité et fit preuve d’un esprit d’entreprendre et d’opportunisme. Ensuite, il a montré d’autres compétences élevant sa société au rang d’un groupe industriel de première importance, non seulement dans le domaine de l’aviation militaire, mais aussi de l’informatique et de l’électronique (stratégie de diversification). Malgré de nombreuses vicissitudes personnelles et industrielles, il est devenu l’homme le plus riche de France dans les années 80.

En février 2004, Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, met en place un service en réseau avec quelques camarades. Son nom initial : the Facebook (en français, le trombinoscope). Ce service était initialement destiné aux étudiants de Harvard mais, devant son succès fulgurant, Zuckerberg fit rapidement appel à quelques spécialistes (graphiste, commercial, programmeur…) pour l’étendre aux étudiants d’autres universités. La société fut créée en juin de la même année. On constate donc que cet entrepreneur a été pour le moins… réactif ! Puis Facebook a proposé son offre à une clientèle de plus en plus large pour s’étendre au monde entier. Devenu le plus jeune milliardaire du monde à 23 ans, Zuckerberg a consolidé son empire en rachetant Instagram en 2012.

 

Caractéristiques

Dans les années 60 et 70, l’école behavioriste (spécialistes du comportement) a mis en avant de nombreux traits de caractères communs aux créateurs d’entreprises. Toutes ne se retrouvent pas chez chacun d’entre eux mais, aujourd’hui, on admet que les principales sont les suivantes :

  • Prise de risques calculée
  • Innovation (notion qui apparaît dans les définitions)
  • Énergie
  • Optimisme
  • Indépendance
  • Créativité
  • Initiative
  • Originalité
  • Persévérance
  • Confiance en soi
  • Implication
  • Dynamisme
  • Opportunisme
  • Passion
  • Etc.

D’autres auteurs considèrent qu’un entrepreneur est une personne mal adaptée au milieu du travail salarié. Il créerait presque une entreprise par défaut ! Ce phénomène est particulièrement d’actualité puisque ce sont souvent des ex-salariés qui, soit par désir de reconversion soit à la suite d’un licenciement créent leur entreprise.

S’il existe bien des traits de personnalité qui prédisposent à devenir entrepreneur, ce sont des compétences qui permettent de le rester (et d’assurer la pérennité de l’entreprise). En d’autres termes, c’est ce que fait l’entrepreneur et non plus ce qu’il est.

En effet, une fois l’entreprise créée, son fondateur doit développer de nouvelles aptitudes s’il ne les possédait pas auparavant. Notamment le besoin d’apprendre afin de toujours s’adapter à l’environnement, d’être tenace, de développer des capacités de manageur…

 

Rôles

Le rôle économique de l’entrepreneur a d’abord été mis en avant par Jean-Baptiste Say (1767-1832). Grâce aux innovations qu’il porte, l’entrepreneur permet le changement.

Mais parmi les économistes, c’est surtout Joseph Schumpeter qui est resté célèbre pour avoir considéré l’entrepreneur comme étant le moteur du développement. En prenant des risques et en innovant, il fait naître de nouveaux marchés qui prennent la place d’autres. Ce processus est qualifié de destruction créatrice (exemple : le remplacement de la téléphonie fixe par la téléphonie mobile).

Ainsi les politiques économiques ont souvent visé à développer l’entrepreneuriat.

Aujourd’hui on parle d’entrepreneurs sociaux pour désigner les créateurs d’entreprises de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire), c’est-à-dire des structures cherchant à concilier la performance économique avec l’utilité sociale. Il ne faut donc pas négliger le rôle social des entrepreneurs, en particuliers ceux dont les valeurs conduisent à des actions de solidarité.

On peut aussi parler du rôle environnemental de la nouvelle génération d’entrepreneurs puisque, par éthique personnelle, ceux-ci créent des sociétés dont la politique repose sur le développement durable (énergies renouvelables, économie circulaire, composition biodégradable des produits, etc.).