La créativité

Créativité et NTIC

Quelle est la contribution du numérique à la démarche créative ? Telle est l’une des problématiques du programme de l’option management en classe de seconde.

A priori, cette question est un peu décalée. Elle traduit les interrogations de personnes âgées qui ont connu une époque sans informatique et non d’une génération pour qui le numérique est indissociable de la plupart de ses activités. C’est un peu comme si les cours de management du vingtième siècle avaient contenu un chapitre sur les avantages de l’électricité.

Bref, ayant pris nos distances avec la pertinence de cette question, tâchons tout de même d’apporter généreusement quelques ressources aux élèves de seconde. Après avoir défini la créativité nous étudierons en quoi les NTIC facilitent le processus créatif.

 

La créativité

Qu’est-ce que la créativité ? C’est une capacité à imaginer, à mettre en œuvre des innovations… Toute démarche artistique repose sur elle, mais aussi les découvertes scientifiques et pratiques. Les philosophes nous disent que c’est le propre de l’espèce humaine. Ils n’ont sans doute jamais observé certains chimpanzés utiliser des pailles pour faire sortir les termites de leur termitière afin de les déguster. Les espèces animales qui développent une compétence à tel endroit et pas ailleurs nous montrent que la créativité puis l’apprentissage sont en partie les clés de l’évolution, indépendamment de l’instinct.

La créativité qui nous intéresse ici trouve sa traduction dans la sphère économique. Et là aussi, elle est le moteur du développement (voir les exemples d’innovations) puisqu’elle est à la source de nouveaux produits et de nouvelles solutions, parfois de créations d’entreprises (voir la page sur la logique entrepreneuriale).

Certes, elle semble être une capacité innée chez certains (ah ! les veinards). Mais la créativité obéit à des mécanismes psychologiques qui peuvent être enseignés. Surtout, elle n’est pas forcément issue du cerveau d’un artiste ou d’un savant isolé mais bien souvent de groupes qui réfléchissent ensemble, par exemple au sein de bureaux d’études. Des séances de brain storming permettent ainsi de faire émerger une intelligence collective propice aux idées nouvelles.

Et le numérique dans tout ça ? Il intervient à deux niveaux : d’une part il peut faciliter le processus de créativité collective (c’est ce point que nous verrons ci-dessous) et d’autre part il offre un terrain extraordinaire à de nombreuses innovations dont certaines ont révolutionné notre vie quotidienne et l’économie dans son ensemble (ubérisation, e-commerce…).

 

La démarche collaborative

Le travail collaboratif est réalisé par une équipe qui ne se réunit pas physiquement.

Les outils sont les documents partagés (c’est-à-dire annotés ou modifiés par chaque membre de l’équipe), les communications vocales ou vidéo (visioconférences, par exemple), la messagerie, les agendas partagés… Ils transitent par un réseau interne ou par Internet.

Ils offrent un confort souvent propice à la créativité. Par exemple, ils facilitent le télétravail qui, pour certains, permet une meilleure concentration en évitant bon nombre de dérangements inutiles. À cet égard, l’époque de confinement due au covid 19 a montré avec éclat l’importance de s’affranchir des déplacements et des réunions physiques. Autre avantage du télétravail, il permet de diminuer les surfaces de bureaux.

Grâce à ces outils, on peut aussi organiser son emploi du temps sans avoir à supporter des réunions qui tombent toujours au mauvais moment et qui se traduisent souvent par des pertes de temps, surtout lorsqu’elles nécessitent des déplacements.

Par ailleurs, les logiciels de traduction simultanée permettent d’effacer la contrainte de langue pour mener à bien des projets internationaux.

 

L’information

Le travail collaboratif est rendu possible par les NTIC, mais nous devons aussi mentionner un accès à l’information sans commune mesure avec l’époque pré-Internet. Il est évident que la créativité est bridée lorsque celle-ci ne circule pas : c’est bien parce que des inventeurs ont publié leurs découvertes que d’autres découvertes peuvent en découler.

Par exemple, le premier livre imprimé connu est chinois et date de 868. Les caractères ayant servi à l’impression étaient en bois. En 1456, Gutenberg imprime le premier livre européen en série grâce à des caractères en plomb et crée une presse à bras. Certes, le procédé était amélioré. Mais de là à mettre six siècles pour qu’une invention géniale soit perfectionnée…

Internet a permis la révolution de l’information, désormais accessible à tous de façon simplissime. Certes, tout ne se trouve pas sur le web (d’ailleurs, le site que vous consultez en ce moment s’appuie beaucoup plus sur des sources papier que numériques !). Mais le processus de créativité (collective et individuelle, cette fois-ci) est grandement facilité par le large accès aux informations.

Celles-ci ne se trouvent pas que sur les sites web. Elles s’échangent aussi sur les réseaux sociaux et notamment les RSE (Réseaux Sociaux d’Entreprise). Certes, elles existeraient sans eux mais la rapidité de circulation des idées et des documents facilite là encore la créativité collective.

 

Marchés globaux

Un marché devient global lorsque plusieurs marchés deviennent connectés. En d’autres termes, la globalisation existe quand les barrières géographiques ou techniques tombent.

Prenons par exemple les marchés financiers. Autrefois, il existait des lieux appelés bourses ou s’échangeaient les valeurs (actions, obligations…). À Paris, ce lieu était le palais Brongniart. Depuis 1987, l’informatisation des transactions d’actions a rendu ce lieu obsolète et, depuis 1998, aucun échange n’a plus lieu dans ce monument. Les marchés financiers sont un marché global et vous pouvez, chez vous, acheter des titres à la bourse de New York ou de Tokyo.

Au fur-et-à-mesure des progrès de l’informatique, la créativité des financiers a explosé, pour le meilleur et pour le pire :

  • Les transactions sont de plus en plus rapides… Aujourd’hui, des machines achètent et vendent en quelques millisecondes grâce à des algorithmes (évidemment, à ce niveau de vitesse, aucun humain ne peut intervenir).
  • Les produits dérivés sont de plus en plus sophistiqués. La bourse est devenue le royaume des mathématiciens (après un passage à vide consécutif à la crise de 2007, la recherche en mathématique financière est aujourd’hui florissante).

Autre exemple, celui des MOOC. L’enseignement à distance brise les frontières qui pouvaient exister auparavant : places limitées dans un amphithéâtre, éloignement géographique, prix d’inscription élevés en raison de coûts d’exploitation, etc. Aujourd’hui, on peut dire que le marché de l’enseignement est global et là encore il permet un processus vertueux puisque la créativité se nourrit de la connaissance.

La globalisation est donc, d’une certaine manière, facteur de créativité.

 

L’intelligence artificielle

La révolution en cours n’est plus celle d’Internet mais celle de l’intelligence artificielle, qui repose sur un mécanisme d’apprentissage par les machines. Et la question qui se pose aujourd’hui est : « quelle place restera-t-il à la créativité humaine ? » Réponse : nous verrons bien (bah oui, vous n’êtes pas sur un site de futurologie).