Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les amortissements

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Techniques d'amortissement des immobilisations

Lorsqu’une immobilisation perd progressivement de sa valeur, par usure ou par obsolescence, il est logique qu’au fil des années elle apparaisse pour une valorisation de plus en plus faible au bilan de l'entreprise. L’amortissement est le mécanisme par lequel cette perte de valeur est comptabilisée. Il se traduit par une charge annuelle reportée sur le compte de résultat (la dotation). L'état de l'ensemble des amortissements constatés dans l'entreprise est synthétisé dans l'un des tableaux de la liasse fiscale.

NB : sur cette page sont évoqués les amortissements d’immobilisations non financières. Pour les amortissements d’emprunt, voir les pages remboursement d’emprunt obligataire, remboursement anticipé, emprunt indivis à annuités constantes, etc.

L’achat n’est donc pas amorti dès la première année, ce qui impacterait généralement trop le résultat. Rappelons en effet qu’une immobilisation amortissable est un bien qui présente une valeur significative. On ne s’amuse pas à amortir un crayon à papier sur dix ans car son coût peut être absorbé en une seule fois, sans que le banquier ou les actionnaires s’étranglent de constater son impact sur les comptes annuels…

Il se trouve qu’un amortissement peut être réparti de différentes façons sur sa période pluriannuelle (ce qui lui vaut d’être présenté sur ce site web qui est consacré aux mécanismes de calcul et non à la comptabilité ou à la fiscalité). Mais avant de les passer en revue, il faut définir la base d’amortissement, c’est-à-dire la valeur totale des charges d’amortissement réparties sur plusieurs années.

En France, la base d’amortissement est constituée de la valeur brute d’achat, qui inclut les frais de livraison et d’installation (ainsi que d’éventuels droits de douane), et diminuée de la valeur résiduelle. Cette dernière est une valeur de revente probable. En vertu du principe de prudence, il est toutefois rare de la prendre en compte…

Par ailleurs, une acquisition peut être décomposée en plusieurs éléments amortissables selon des durées différentes.

L’amortissement linéaire

C’est la technique la plus simple. On détermine sur combien d’années un bien doit être amorti et on divise sa base amortissable par ce nombre d’année. Un amortissement linéaire est calculé prorata temporis. Un exemple ? OK.

Soit un bien dont la base amortissable s’établit à 20 000 € sur cinq ans. Il est mis en service le 15/02/n. Voici le plan d’amortissement (réalisé sur Excel). La VNC est la Valeur Nette Comptable (partie non encore amortie) :

amortissement linéaire

Avec l’amortissement linéaire, la même somme est amortie chaque année. Ici, 20 000 / 5 = 4 000 sauf en premier et en dernier exercice puisque le bien n’a pas été mis en service au 1er janvier. En n, il a été utilisé sur une proportion de 10,5 12 (10 mois et demi sur 12). Ce prorata est donc appliqué à l’annuité de 4 000. De même, au cours de la sixième année, seul un mois et demi est amorti. On pourrait aussi raisonner sur 360 jours, chaque mois étant considéré comme ayant 30 jours.

L’amortissement dégressif

Le principe consiste à retenir des annuités de moins en moins importantes. En France, ce système est soumis à diverses contraintes : durée de vie du bien au moins égale à trois ans, véhicules de tourisme et biens d’occasion exclus, etc. De plus, le prorata n’est accepté que pour des mois entiers.

Après la première année, les annuités ne sont plus calculées à partir de la base mais de la VNC (donc déduction faite des dotations précédentes). Le taux d’amortissement est le même que le linéaire multiplié par un coefficient. Ses valeurs ont été modifiées plusieurs fois depuis le début des années 2000. Actuellement : 1,25 pour 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans et 2,25 au-delà. Dès que le taux dégressif devient inférieur au linéaire, on applique ce dernier.

Reprenons le même exemple que ci-dessus.

Déterminons d’abord les taux d’amortissement. Sur cinq ans, l’amortissement linéaire est de 20 % par an et il faut multiplier ce pourcentage par 1,75 pour obtenir le taux dégressif qui est donc de 35 %.

taux d'amortissement

La dernière colonne indique le pourcentage le plus élevé des deux colonnes précédentes. Par exemple, sur la première ligne on indique 20 parce qu’il reste cinq années et que 100 % divisé par 5 donne 20 %. Dès que ce taux devient supérieur à 35 %, en l’occurrence pour l’année 4, il vient remplacer le taux dégressif. Appliquons à présent les taux de la dernière colonne pour établir le plan d’amortissement.

amortissement dégressif

Première annuité : 20 000 × 35 % × (11 / 12). On ne retient pas un prorata de 10,5 / 12 puisqu’en dégressif l’amortissement court à compter du début du mois (février, en l’espèce). Le reste du tableau se comprend facilement. On remarque qu’il comporte une ligne de moins que la version linéaire…

L'amortissement exceptionnel

En France, il est fiscalement permis d'amortir certains biens sur douze mois entiers.

L’amortissement technique (ou économique, ou par unités d’oeuvre)

L’amortissement est dans ce cas lié à la plus ou moins forte utilisation prévue du bien selon les années. Ce peut être un nombre d’heures-machine, par exemple.

Afin d’illustrer la situation, voici un extrait du bac STG, épreuve de comptabilité et gestion des entreprises, 2010 (centres étrangers).

« Le 1er décembre 2009, l’entreprise a acquis une camionnette Ford Transit d’un montant HT de 18 560 €, avec options supplémentaires d’un montant de 500 € HT (TVA 19,6 %). Elle a obtenu une remise de 2 %. (…). Durée d’utilisation : 4 ans. Date de mise service 1er décembre 2009. L’entreprise choisit d’amortir le véhicule en fonction du kilométrage.

Année Kilométrage prévu
2009 2 000
2010 50 000
2011 60 000
2012 30 000

On considère que la valeur résiduelle sera nulle à la fin de la période d’amortissement. »

Quelle est la base d’amortissement ? (18 560 + 500) × 0,98, soit 18 678,80 €. Il est prévu de parcourir 142 000 km avec le Ford Transit, avec un prorata différent selon les années. Ce même prorata est appliqué à la base. En 2009, l’amortissement est donc de 18 678,80 × (2 / 142) = 263,08 €. Même principe pour les années suivantes…

amortissement économique

 

amortissement

 

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