Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Le levier opérationnel

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Coefficient de volatilité

Le levier opérationnel (operating leverage) n’est peut-être pas la notion de gestion la plus connue, mais elle est utilisée aussi bien en contrôle de gestion qu’en analyse financière d’entreprise.

Et d'abord, qu’est-ce qu’un levier ? C’est un multiplicateur. Un levier physique, par exemple un pied-de-biche, multiplie la force. Un levier financier multiplie une rentabilité grâce à un endettement. Un levier peut même être psychologique, mais c'est une autre histoire...

On peut étendre, peut-être abusivement, tout phénomène de sensibilité (à la hausse comme à la baisse) à cette définition du levier. Et j’en arrive à notre levier opérationnel (LO), ou coefficient de volatilité, qui est en fait une sensibilité. C’est la traduction de la notion mathématique d’élasticité. En l’occurrence, c’est l’élasticité d’un résultat (R) par rapport à un chiffre d’affaire (CA). En d'autres termes, le levier opérationnel mesure le risque économique que court une entreprise ou une activité de celle-ci.

Condition d'utilisation : le prix de vente et les conditions d'exploitation restent inchangés. Ainsi, les charges fixes restent identiques ainsi que les coûts variables unitaires. Du coup, les modifications du CA et du résultat ne peuvent être dues qu'à une évolution des quantités produites et vendues.

Signification : si un LO s'établit à +3, c'est qu’une augmentation de 1 % du CA entraîne mécaniquement une augmentation de 3 % du résultat. Si vous êtes allergique aux formules, détournez le regard et revenez un peu plus bas.

LO

Dans le cadre du direct costing, on peut d’ailleurs se passer de toute considération dynamique et éliminer les "Δ" dès lors qu’on raisonne à prix de vente et outil de production identiques. Il n’est pas difficile de démontrer que le LO se définit alors ainsi :

LO

Exemple

Soit un CA de 500 M€ et des charges de 350 M€ dont 150 sont fixes. Quelle tête a notre LO ? La marge sur coûts variables (MCV) s’établissant à 500 – 200 = 300 M€, on obtient LO = 300 / (500 – 350) = 2.

Vérifions.

Supposons une augmentation de 1 % du CA. Il atteint alors 505 M€. Selon nos hypothèses, les charges variables augmentent dans la même proportion. Elles passent ainsi de 200 à 202 M€. On ajoute les CF et on arrive à 352 de charges. Le résultat s’établit alors à 153 tandis qu’il se situait auparavant à 150. Soit une augmentation du bénéfice de 2 %. On a vérifié que notre LO est bien égal à 2.

Voir également la page exemple de rentabilité économique.

En fin de compte…

Le LO se présente donc comme un constat mathématique mais ce n’est ni une variable d’action, ni un objectif.

Il permet notamment de comparer plusieurs produits. Toutefois, dans la mesure où l’on raisonne ici « toutes choses égales par ailleurs », il n’intègre pas les éventuelles mesures qui seront diligentées à la faveur de cette comparaison (campagne publicitaire, investissement, abandon, etc.) et qui donneront lieu… à de nouveaux LO.

 

fort levier

 

© JY Baudot - Droits d'auteur protégés