Ensemble U
Les racines de l’unité sont au programme de terminale maths expertes. Cette page vous permettra de goûter à l’ensemble U, pimenté par quelques démonstrations.
L’ensemble U
Soit n∈N∗. Tout nombre complexe z vérifiant zn=1 est appelé racine n-ième de l’unité (contrairement à l’usage nous l’écrirons énième puisque ce mot existe !).
Leur ensemble s'écrit U. Pour n donné, il se note Un.
Un={z∈C,zn=1}
Par propriété, si zn=1 alors |z|n=1 donc z=1 puisque |z|⩾ Il s’ensuit que le module d’une racine énième de l’unité est toujours égal à 1. C’est d’ailleurs assez évident…
On peut donc définir \mathbb{U} d'une autre façon : c’est l’ensemble des nombres complexes de module 1. Dans le plan complexe, son image forme un cercle de rayon 1 dont le centre est l’origine (cercle trigonométrique).
Nous savons qu’un complexe z peut s’écrire sous la forme re^{i\theta} avec r = |z| et l’argument \theta qui peut être interprété comme un angle (c’est un réel défini à 2 \pi près). Il existe donc un argument principal tel que \theta \in \;]- \pi\, ; \pi].
Ainsi, comme |z| = 1, nous pouvons écrire :
z^n = 1
\Leftrightarrow \left(e^{i\theta}\right)^n = 1
\Leftrightarrow e^{i\theta n} = 1 (démontré en page de formule de Moivre)
\Leftrightarrow n \theta = 0 + 2k \pi avec k \in \mathbb{Z}
\Leftrightarrow \theta = \frac{2k \pi}{n}
La forme exponentielle de z étant e^{i \theta} on en conclut aisément que pour z \in \mathbb{U} nous avons z_n = e^{\frac{2ik \pi}{n}} que nous écrirons \exp\left(\frac{2ik \pi}{n}\right) pour ne pas que vous perdiez la vue bêtement.
k peut être égal à 0, 1,...,n-1 (voir les polynômes : le nombre maximal de racines qu’admet un polynôme de degré n est n). Nous en arrivons à l'écriture suivante...
\mathbb{U}_n = \{1, \exp(\frac{2i \pi}{n}), \exp(\frac{4i \pi}{n}), …, \exp(\frac{2i(n-1) \pi}{n})\}
Premières valeurs de n
Le plus simple est \mathbb{U}_1 = \{1\}. D’ailleurs 1 appartient à tous les ensembles \mathbb{U}_n.
Ainsi nous vérifions que non seulement 1^1 = 1 mais aussi que 1^n = 1 pour tout n entier naturel.
Et \mathbb{U}_2 ? Facile, lui aussi ! \mathbb{U}_2 = \{-1;1\}
C’est avec \mathbb{U}_3 que nous entrons véritablement dans le monde des complexes.
L’équation z^3 = 1 admet trois solutions.
\mathbb{U}_3 = \{1, \exp(\frac{2i \pi}{3}), \exp(\frac{4i \pi}{3})\}
On préférera employer l’argument principal :
\mathbb{U}_3 = \{1, \exp(\frac{2i \pi}{3}), \exp(\frac{-2i \pi}{3})\}
Dans le plan complexe, les images des trois racines forment un triangle équilatéral.
Il est fréquent de noter \exp(\frac{2i \pi}{2}) = j. Nous pouvons donc écrire \mathbb{U}_3 = \{1, j, \overline j\}.
Si l’on se réfère à la forme exponentielle, il saute aux yeux que \overline j est aussi j^2.
\mathbb{U}_4 ne pose aucune difficulté. L’équation z^4 = 1 admet quatre racines.
\mathbb{U}_4 = \{1, \exp(\frac{i \pi}{2}), \exp(i \pi), \exp(\frac{i2 \pi}{2})\}
Comme vous le soupçonnez au vu des précédentes figures, pour n \geqslant 2 les images des n racines énièmes de l’unité forment dans le plan complexe un polygone régulier à n sommets qui s’inscrit dans le cercle trigonométrique.
Pour n = 5, voir la construction du pentagone à la règle et au compas.
Nous avons déjà vu que ces sommets se trouvent sur le cercle puisque \mathbb{U} est l’ensemble des complexes de module 1.
Soit M_k et M_{k+1} les images de deux racines z_k et z_{k+1}.
La distance M_kM_{k+1} est donc égale à |z_{k+1} - z_{k}|.
Nous ne le démontrerons pas mais sachez que la longueur d’un côté du polygone est |z_{k+1} - z_{k}| = 2 \sin \frac{\pi}{n}.
Propriétés de \mathbb{U}
z et z’ étant deux complexes de module 1, on a |zz’| = |z||z’| = 1 ce qui signifie que leur produit appartient lui aussi à \mathbb{U}.
Quant à |z^{-1}| il est égal à \frac{1}{|z|} donc à 1.
On dit que \mathbb{U} est stable par produit et par passage à l’inverse.
Ajoutons que |z|^2 = 1 donc z \overline {z} = 1 d’où \overline {z} = \frac{1}{z}
Somme des racines énièmes de l’unité
La somme des n racines énièmes de l’unité est égale à zéro. Démontrons-le.
D’abord il faut remarquer que cette somme est celle des n - 1 premiers termes d’une suite géométrique.
S = 1 + e^{\frac{2i \pi}{n}} + e^{\frac{4i \pi}{n}} + … + e^{\frac{2i (n-1) \pi}{n}}
Ainsi S = \sum\limits_{k = 0}^{n - 1} {{{\left( {{e^{\frac{{2i\pi }}{n}}}} \right)}^k}}
Il s’agit bien d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison \exp(\frac{2i \pi}{n}).
Il n’est pas difficile de calculer la somme des n premiers termes.
S = \frac{{1 - \exp {{\left( {\frac{{2i\pi }}{n}} \right)}^n}}}{{1 - \exp \left( {\frac{{2i\pi }}{n}} \right)}}
\Leftrightarrow S = \frac{{1 - \exp {{\left( {\frac{{2in\pi }}{n}} \right)}^{}}}}{{1 - \exp \left( {\frac{{2i\pi }}{n}} \right)}}
Or nous savons que e^{2 i \pi} = 1
Donc S = 0.