Probabilités indépendantes
Si vous savez combien de secondes durent les feux tricolores que vous rencontrez sur votre trajet, vous pouvez établir des probabilités de tomber sur telle couleur. Si ces feux sont synchronisés, vous pouvez même établir un arbre de probabilités et ainsi probabiliser toutes les situations que vous risquez de rencontrer. Si les feux ne sont pas synchronisés, on parle de probabilités indépendantes. Dans une telle situation, l’arbre de probabilité n’est pas forcément inutile mais, pour chaque nœud d’un même niveau, vous aurez les mêmes branches affectées des mêmes probabilités. La situation d’indépendance est très courante dans les jeux : lancers successifs de pièces (pile ou face), de dés, tirages de cartes avec remise, etc. La formule des probabilités conditionnelles devient caduque dans la mesure où, que l’événement A soit ou non réalisé, la probabilité B reste la même. La définition de l’indépendance est la suivante :
Cette formule permet d’ailleurs de retourner le problème. Lorsqu’on veut savoir si des événements sont indépendants, on cherche à vérifier cette égalité. C’est d’ailleurs ce principe qu’utilise le test d’indépendance du khi². Les probabilités indépendantes nécessitent l’utilisation des puissances. L’univers des possibles, pratique à connaître en situation d’équiprobabilité, est une p-liste. Supposons que vous répondiez complètement au hasard à un QCM de 10 questions avec chaque fois 4 possibilités dont une seule exacte. Il existera 410 possibilités, c’est-à-dire que vous aurez une chance sur 1 048 576 d’avoir tout juste. C’est le nombre de possibilités qui est élevé à la puissance « nombre de tirages ». Lorsque la possibilité est binaire, de type succès ou échec, on se trouve dans le cadre d’un schéma de Bernoulli. Quand plusieurs tirages se succèdent avec les mêmes probabilités, on utilise la loi binomiale afin de connaître directement le résultat, sans avoir à déterminer l’univers des possibles (les puissances sont directement appliquées aux probabilités). En guise d’exemple, je prendrai la dernière question proposée au bac ES de Nouvelle-Calédonie en 2007. Les questions précédentes ont été traitées en page probabilités. Il y est question de pièces défectueuses dont 40 % ont le défaut A. À trois moments différents, on choisit au hasard une pièce parmi les pièces défectueuses qui ont un seul défaut. On suppose que ces tirages s’effectuent dans des conditions identiques et de manière indépendante. Calculer la probabilité pour que, sur les trois pièces choisies, exactement 2 pièces aient le défaut A. Il y a trois possibilités : (A, A, non A), (A, non A, A) et (non A, A, A). Ce nombre peut être retrouvé soit en calculant la combinaison de 2 éléments parmi 3, soit en utilisant le triangle de Pascal (voir page dénombrement). En utilisant la formule de la loi binomiale, on trouve 3 × 0,4² × 0,6 = 0,288. S’il y avait eu équiprobabilité, donc 50 % de chances d’avoir A, nous aurions trouvé 3 × 0,5² × 0,5, c’est-à-dire 0,375. Mais le calcul aurait pu être conduit d’une autre façon. L’univers des possibles s’établissant à 2³, soit 8, on serait bien parvenu à 3 / 8 soit 0,375.
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