Les financements

Financement et arbitrage

Vous souhaitez acheter un téléphone, une voiture, ou mieux, un livre de gestion, et vous ne savez pas avec quel argent vous pourrez satisfaire ce besoin ? Rassurez-vous, vous faites partie de la majorité. Et les entreprises connaissent les mêmes préoccupations.

Pour une organisation, il existe plusieurs canaux de financement (interne ou externe) selon les usages (investissement ou activité). Après avoir délimité les critères de choix puis la problématique de l’arbitrage, nous présenterons une mise en situation (de niveau terminale STMG).

 

Critères du choix

Un critère de choix s'appuie sur les performances passées et prévues de l'organisation. Une entreprise rentable aux perspectives favorables pourra plus facilement utiliser son autofinancement ou convaincre une banque ou des investisseurs. À l'inverse, une organisation qui connaît des difficultés financières dispose de moins de ressources internes et pourra rencontrer plus d’obstacles pour obtenir un financement externe.

Les associés actuels ont-ils la volonté et les moyens de financer eux-mêmes le projet ? Souhaitent-ils conserver leur pouvoir de décision ? Quel sont leur poids et leur capacité de négociation ? Une augmentation de capital peut apporter des ressources, mais au risque de modifier l'équilibre entre les associés.

Le niveau d'endettement constitue un autre élément essentiel. Une entreprise déjà très endettée peut chercher à éviter un nouvel emprunt afin de ne pas accroître ses charges financières et ses remboursements. À l'inverse, une entreprise peu endettée et disposant d'une situation financière solide a une capacité d'emprunt importante. En tout cas, les conditions proposées par les établissements financiers, notamment le taux d'intérêt, la durée du prêt et les garanties demandées, doivent être comparées.

L'organisation doit aussi tenir compte de l’attractivité. Un projet innovant, visible ou porteur d'une forte dimension environnementale a de meilleures chances de rencontrer son public dans le cadre d'un financement participatif. La réputation de l'entreprise et la confiance qu'elle inspire peuvent aussi faciliter la recherche de capitaux.

Enfin, il faut rechercher les subventions disponibles. Lorsqu'un projet répond aux objectifs d'un dispositif public, une subvention peut réduire fortement le montant que l'entreprise doit financer par ses propres moyens ou par l'emprunt. Mais elle ne doit pas être considérée comme acquise : son obtention dépend de critères précis et nécessite des démarches administratives parfois… insurmontables !

 

Arbitrage entre coût, risque et autonomie

Pour résumer, choisir un financement revient à chercher un équilibre entre plusieurs objectifs.

L'entreprise doit prendre en compte le coût du financement, le risque financier, la préservation de son autonomie et les conséquences sur son pouvoir de décision.

  • L'autofinancement préserve généralement l'autonomie mais dépend des ressources disponibles.

  • L'emprunt permet de conserver le contrôle du capital mais augmente l'endettement et entraîne des remboursements.

  • L'augmentation de capital renforce les ressources propres mais peut modifier la répartition du pouvoir entre les associés.

  • Le financement participatif peut apporter argent et visibilité, mais son résultat est incertain.

  • Les subventions sont attractives, mais elles sont conditionnées à l'existence de dispositifs adaptés.

Il n'existe donc pas une solution de financement meilleure que les autres. L'arbitrage dépend de la situation de l'organisation, de ses performances, de ses relations avec les financeurs et les associés, de la nature du projet et des ressources auxquelles elle peut réellement accéder. Dans la pratique, une organisation combine souvent plusieurs solutions.

 

Mise en situation : énoncé

Greenboite est une PME qui fabrique des emballages réutilisables destinés aux commerces. Depuis trois ans, son chiffre d'affaires progresse et elle réalise des bénéfices. Ses dirigeants souhaitent développer une nouvelle gamme d'emballages fabriqués à partir de matériaux recyclés.

Pour cela, Greenboite doit investir 250 000 € dans une nouvelle machine et dans l'aménagement de ses locaux et prévoir 50 000 € supplémentaires pour financer l'augmentation de ses stocks et le décalage entre les paiements de ses clients et ceux de ses fournisseurs. Soit un besoin total de 300 000 €.

Les dirigeants disposent de plusieurs possibilités. L'entreprise a les moyens d’utiliser une partie de ses bénéfices conservés au fil des années, les associés pourraient réaliser de nouveaux apports, une banque propose un prêt... Les dirigeants pourraient aussi faire entrer de nouveaux investisseurs au capital ou lancer une campagne de financement participatif. Enfin, le projet étant lié au recyclage, Greenboite pourrait rechercher une subvention destinée à soutenir les investissements favorables à la transition écologique. Quelle(s) solution(s) choisir ?

boîtes

 

Mise en situation : pistes de réponses

Que faut-il financer ? Bien sûr, les investissements, entendus au sens large (bâtiments, machines, véhicules, logiciels, brevets…). Mais le besoin de financement ne s'arrête pas là. Ainsi, les 250 000 € consacrés à la machine et aux locaux s’appliquent à un investissement au sens classique. Les 50 000 € nécessaires pour financer l'augmentation des stocks et le décalage des règlements correspondent, eux, au besoin en fonds de roulement.

Le premier moyen de financer un projet consiste à utiliser des ressources qui proviennent de l'organisation elle-même. On parle de financement interne.

  • L'autofinancement présente un gros avantage : il ne nécessite pas de recourir à un prêteur ou à un nouvel investisseur. L'entreprise ne supporte donc pas de remboursement d'emprunt et conserve une grande autonomie dans ses décisions.

  • Les apports des associés constituent une autre forme de financement interne, qui renforce les ressources propres de l'entreprise. Cependant, les associés ne disposent pas tous des mêmes moyens ni de la même volonté d'investir. Leur poids dans le capital peut aussi influencer les décisions. Un associé qui apporte une part importante des ressources peut chercher à exercer davantage de pouvoir sur les orientations de l'entreprise. Le financement devient alors également une question de gouvernance.

Dans le cas de Greenboite, les dirigeants doivent d’abord déterminer quelle somme l'entreprise peut financer grâce aux bénéfices qu’elle a conservés et quelle somme les associés sont prêts à apporter. Mais si les ressources internes ne suffisent pas, il faut chercher un financement externe.

  • L'emprunt bancaire est une solution classique. La banque met une somme d'argent à la disposition de l'entreprise qui la remboursera progressivement, avec des intérêts. Mais l'accès au crédit dépend de la situation de l'entreprise. La banque étudie ses résultats passés, ses prévisions, son niveau d'endettement et sa capacité à rembourser. Elle peut également demander des garanties.

  • Une entreprise peut ouvrir son capital en proposant à de nouveaux investisseurs. Cette solution augmente les ressources propres et ne nécessite pas de remboursement. En revanche, les nouveaux investisseurs deviennent associés ou actionnaires et obtiennent des droits, notamment en partiocipant aux décisions. Pour les anciens associés, il en résulte une diminution de leur poids relatif dans le capital et, souvent, de leur pouvoir.

  • Le financement participatif, ou crowdfunding, constitue une autre possibilité. L'organisation présente son projet sur une plateforme afin de recueillir des fonds auprès d'un grand nombre de personnes. Selon le dispositif retenu, les contributeurs peuvent effectuer des dons, recevoir une contrepartie, prêter de l'argent ou investir au capital.

  • Enfin, l'entreprise peut rechercher des subventions. Mais leur obtention dépend de l'existence de dispositifs adaptés et du respect de leurs conditions d'attribution. Pour Greenboite, le caractère écologique du projet constitue un argument.

Comment arbitrer ? Greenboite pourrait combiner plusieurs financements : utiliser une partie de son autofinancement, obtenir une subvention liée à la transition écologique et compléter le montant nécessaire par un emprunt bancaire. Cette combinaison permettrait de limiter le montant emprunté tout en évitant de mobiliser trop de ressources disponibles.

 

financement de bonbons