Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

L'écart sur charges directes

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Analyse de l'écart sur charges directes de production

L’une des activités du contrôleur de gestion est de vérifier si les dépenses sont conformes aux prévisions puis d’analyser les écarts qui ne manquent pas de survenir.

Les plus simples à décortiquer, du moins en théorie, concernent les charges directes qui affectent la production. Leur analyse complète celle des écarts sur charges indirectes de production ainsi que celles d’écarts qui relèvent d’autres centres de responsabilité et qui sont par exemple des écarts de marge, des écarts sur chiffre d’affaires ou des écarts sur charges de structure…

Un écart sur charges directes se compose de deux sous-écarts : l’un sur le coût unitaire de la charge, l’autre sur sa quantité.

Quelles sont ces charges ? Ce sont bien sûr des matières qui entrent dans la composition du produit mais aussi, bien que de moins en moins depuis quelques décennies, par de la main d’œuvre directement affectée à la production.

Un écart sur coût est une différence entre le préétabli unitaire et le réel multiplié par les quantités réelles. L’écart sur quantité est pondéré par le coût préétabli. On nomme parfois écart sur taux celui qui concerne le coût horaire de main d’œuvre et écart de rendement celui qui affecte le nombre d’heures de travail effectuées.

Ci-dessous, Q signifie Quantité, C signifie Coût, r pour « réel » et p pour « préétabli ».

écart sur coût

écart sur quantité

En guise d’exemple, voici un extrait de sujet d’examen (BTS CGO, 2009).

Le sujet portait sur une société qui fabrique, entre autres, des totems. Il ne s’agit pas de totems amérindiens mais de panneaux signalétiques rectangulaires verticaux qui nous informent un peu partout, dans les villes comme dans les zones industrielles. Trente totems ont été commandés.

L’entreprise achète des plaques d’aluminium prédécoupées. Dans l’atelier de fabrication, un employé se charge d’une première mise en forme à l’aide d’une machine qui effectue le calibrage et le découpage de la plaque pour la mettre aux dimensions recherchées en fonction du type de totem prévu. Les plaques sont ensuite soudées sur des supports puis passent dans un bain. Enfin on appose sur les plaques soudées un décor en impression numérique et un film de protection anti-graffitis sur les deux faces. Les achats spécifiques concernent essentiellement des achats de visserie, de chevilles, etc., nécessaires à la pose et à la fixation au sol des totems.

Le coût de production PRÉÉTABLI d’un totem s’établit comme suit :

préétabli

Le coût de production CONSTATÉ de trente totems est le suivant :

constaté

Bien que la commande ne soit que de trente totems, un opérateur a trouvé le moyen de se tromper et d’en faire fabriquer deux de trop. Cette lamentable bévue se traduit par la destruction pure et simple de deux totems. De plus, la machine qui découpe les plaques d’aluminium a été mal paramétrée, entraînant une surconsommation de matière et de main d’œuvre. Last but not least, le cours de l’aluminium a flambé sur le marché de Londres.

Il était demandé aux candidats un tableau des écarts globaux et une analyse de l’écart observé sur l’aluminium. Commençons, comme convenu, par les écarts globaux (l’architecture du tableau était donnée aux candidats).

écarts globaux

Explications : pour fabriquer trente totems comprenant 294 kg d’aluminium chacun, il faut 8 820 kg. Et ainsi de suite. La dernière ligne (charges indirectes) ne concerne évidemment pas les charges directes. Elle est ici pour mémoire. Nous remarquons que la production a coûté 15 % de plus que prévu.

L’écart sur quantité s’établit à 3 × (9 410 – 8 820) soit 1 770 € (défavorable).

L’écart sur coût s’élève à 9 410 × (3,5 – 3) = 4 705 € (défavorable).

On vérifie que le somme des deux écarts s'élève bien à 6 475 € (défavorable) comme indiqué dans le tableau. De même, l’écart de 116 € sur le film s’analyse comme un écart de 25 € sur la quantité et 91 € sur le coût d’achat. L’écart de 45 € sur le petit matériel ne concerne que le coût puisque le nombre de lots prévu est le bon (pas d’installation des deux totems produits par erreur). Enfin, l’écart sur main d’œuvre de 1 800 € se compose d’un écart de rendement de 1 287 € et d’un écart sur taux de 513 €. Tous ces écarts sont malheureusement défavorables !

Les écarts sur l'aluminium sont illustrés graphiquement en page représentation vectorielle des écarts.

Voir aussi un autre cas en page exemple d'écarts sur frais indirects.

 

taureau

 

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