Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

L'interprétation d'un tableau statistique

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Exemple d'interprétation d'un tableau à double entrée

Cette page s’adresse surtout aux élèves de seconde ou de première ES qui doivent commenter des tableaux de données économiques.

Un tableau statistique présente des données chiffrées de façon très condensée. Si ces chiffres étaient donnés sous forme de texte, la lecture serait tellement indigeste qu’il serait malcommode d’en tirer quelque chose !

Un tableau à simple entrée ne présente qu’un seul caractère. Il est très facile à transformer en graphique, de lecture encore plus simple.

Le tableau à double entrée présente quant à lui deux caractères, l’un en ligne et l’autre en colonne. Il permet donc de croiser les modalités de ces deux caractères. En classe de seconde, on analyse de tels tableaux en SES mais on les manipule aussi en maths, au chapitre des probabilités.

Comment analyser un tableau ?

1- Le titre

Il permet de situer l’objet de l’étude.

2- La source

En principe, elle figure au-dessous du tableau, en petits caractères.

3- Le champ

Il précise le domaine d’étude : quel(s) pays, quelle population, quelle période…

4- Dans quelle unité les données sont-elles exprimées ?

On appelle tableau de contingence un tableau à double entrée qui présente la répartition d’une population, aucune unité statistique ne pouvant se situer dans deux cases simultanément. Mais un tableau ne présente pas toujours des effectifs. On peut y trouver des pourcentages (de proportion ou de variation), des unités monétaires (milliers d’euros, par exemple), des indices ou même des probabilités.

5- Les intitulés des lignes et des colonnes

Quelles sont les définitions des deux caractères ? Les classes ou les catégories sont-elles homogènes en nombre ? Quel rapport y a-t-il entre les deux (par exemple la variable indiquée en colonne peut-elle expliquer celle qui figure en ligne) ?

Avant de poursuivre, il est temps d’appliquer ces points d’étude à un exemple. Voici un tableau publié sur le web, sur le site de l'INSEE :

niveaux de diplôme

Le titre : niveau de diplôme selon l’âge en 2012. Il indique quels sont les deux caractères qui sont croisés (niveau de diplôme et âge).

La source est indiquée en bas : enquête emploi de l’INSEE.

Le champ : personnes de 15 ans et plus en France métropolitaine (précisé juste au-dessus de la source).

L’unité : attention, il ne s’agit pas d’effectifs mais de pourcentages de proportion. Ce n’est donc pas un tableau de contingence.

Les colonnes : il s’agit de TRANCHES d’âge (car on ne peut pas présenter un caractère continu dans un tableau). Elles ne sont pas homogènes. Les deux premières colonnes présentent des amplitudes de seulement cinq ans tandis que la troisième regroupe 25 années. Elle représente une part importante de la population. La première a moins d’intérêt que les autres, l’essentiel de la population des 15-19 ans n’ayant pas terminé ses études.

Les lignes : l’intitulé est parfois flou (supérieur court ou long) et mériterait d’être précisé en faisant une recherche sur le site de l’INSEE.

6- Homogénéité

On peut passer ensuite à l’analyse proprement dite. Nous supposerons qu’aucune question précise n’est posée et donc qu’il faut analyser entièrement le tableau.

Y a-t-il un caractère dominant dans l’ensemble du tableau ? Ici, il n’y en a pas. Les différences entre la population jeune et celle des seniors est tellement importante qu’il est impossible de dégager un trait permanent.

La structure globale est souvent donnée par les totaux. Ici, les totaux de lignes ne nous apprennent rien puisqu’ils indiquent chaque fois 100 %. Quant aux totaux de colonnes, ils s’éloignent sensiblement des informations que donne le corps du tableau. Tout au plus le niveau « brevet des collèges » reste-t-il relativement stable.

7- Principales différences

Dans un premier temps, il ne s’agit pas d’observer des cas particuliers mais la structure globale des données chiffrées. Ici, le principal enseignement est le glissement progressif vers des études de plus en plus longues. Ensuite, on peut s’attacher à étudier une tranche d’âges en particulier si un énoncé le demande.

8- Données particulières

Éventuellement, on peut indiquer quelques « accidents » mais ce point n’est pas le plus important. Il n’y a aucun intérêt à écrire dans une copie qu’un phénomène inhabituel a eu lieu, juste pour montrer qu’on l’a remarqué ! Dans l’exemple qui nous occupe, on note que les populations les plus âgées poursuivaient moins souvent des études supérieures courtes que des études longues. Ce paradoxe s’explique : les BTS n'ont été créés qu'en 1959 et les DUT en 1966 (et ils n'ont pas eu tout de suite le succès qu'ils ont aujourd'hui !).

8- Rattachement aux connaissances

L’intérêt d’analyser un tableau, par exemple dans un devoir de SES, est de confronter les conclusions qu’il inspire à ce qui a été vu en cours. En l’occurrence, ces chiffres peuvent illustrer l’évolution des modes de production qui réclament de plus en plus de qualifications (évidemment, ce commentaire n'est attendu que si le chapitre sur les qualifications a été abordé).

 

double entrée

 

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