Les stratégies des associations

Stratégies des organisations de la société civile

Les organisations de la société civile, au premier rang desquelles les associations, ne peuvent pas faire l’économie d’une stratégie. Comme les entreprises, elles tentent pour certaines de survivre, pour d’autres de se développer

Après avoir évoqué quelques spécificités du secteur associatif, nous examinerons quelles peuvent être les stratégies envisageables, tant pour l’activité que pour la recherche de fonds.

 

Cadre et contraintes

Les fondateurs d’une association se donnent un champ d’action qui motivent sa création. C’est l’objet social. Défini dans les statuts, il peut néanmoins être modifié par la suite. La délimitation du domaine d’activité a une grande importance juridique (responsabilité des dirigeants, motifs de saisine des tribunaux...).

Les choix stratégiques s’inscrivent dans le domaine d’activité. Ils sont soumis aux adhérents lors des assemblées générales avant d’être mis en application par l’exécutif.

Comme la finalité d’une organisation civile n’est pas lucrative, toutes les recettes sont affectées à son fonctionnement ou sont réinvesties.

 

Ressources et contrôle

Les ressources humaines d’une association s’appuient sur le bénévolat. Mais au-delà d’une certaine taille, le salariat est souvent nécessaire. En France, près de deux millions de salariés travaillent pour des associations.

https://www.associatheque.fr/fr/creer-association/chiffres-cles.html

Les recettes sont constituées des cotisations des adhérents et éventuellement de subventions, de dons, de ventes de produits… Nous le verrons, une bonne partie de la stratégie est orientée vers la recherche du financement de l’activité.

Ainsi, les conditions d’existence d’une association sont la pérennisation des ressources financières et humaines.

Quant à la gestion, elle doit non seulement se montrer aussi rigoureuse que celle d’une entreprise mais les comptes se doivent d’être transparents. Comme les dons et le bénévolat reposent sur la confiance, c’est bien la moindre des choses !

Lorsqu’une organisation fait appel aux dons du public, elle doit publier un tableau de compte d’emploi des ressources. Il s’agit de documents comptables annuels, assez proches de ceux auxquels sont soumises les entreprises (bilan, compte de résultat…) mais avec des spécificités assez nombreuses.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R2336

En France, la Cour des comptes contrôle les organismes qui s’appuient sur les dons.

La transparence n’est pas seulement comptable. À chaque assemblée générale, les objectifs stratégiques définis auparavant sont comparés aux réalisations. Les adhérents peuvent voter le remplacement d’un bureau exécutif qui ne leur donne pas satisfaction. Vous trouverez sur le web bon nombre de rapports annuels, dont la présentation et le contenu diffèrent beaucoup d’une association à l’autre.

 

Stratégie et développement

Les dirigeants et les adhérents peuvent avoir de belles ambitions pour leur association. Ceci implique le choix d’une stratégie.

Ce peut être la diversification des activités ou au contraire leur recentrage. C’est parfois l’extension à une nouvelle zone géographique.

Souvent, les associations étendent leur activité principale à des actions auprès du public : exposition dans un bâtiment municipal, publication d’une brochure, matches…

Il existe aussi un choix sur les modalités de l’extension : centralisation ou au contraire développement décentralisé.

Les grandes associations ont toujours une organisation décentralisée. Par exemple, les Restos du cœur sont composés d’une association nationale, de onze délégations régionales et 114 délégations départementales elles-mêmes divisées en centres. Il existe aussi des structures dont les antennes sont juridiquement distinctes. Il s’agit des fédérations qui regroupent des associations. C’est un pas de plus vers la décentralisation. Par exemple, 2 500 clubs sont affiliés à la Fédération Française d’Athlétisme.

Le plan stratégique couvre plusieurs années et peut être particulièrement détaillé. À titre d’illustration, le lien ci-dessous vous permet de connaître la stratégie de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) :

https://www.lpo.fr/qui-sommes-nous/projet-associatif/plan-strategique

Le nom de l’association peut refléter sa stratégie. Par exemple, la Ligue de Protection des Citoyens est devenue en 2012 la Ligue de Protection des Conducteurs. Au contraire, la LPO a conservé son nom bien que son objet social s’étende aujourd’hui bien au-delà de la protection des oiseaux :

    La LPO a pour objet sur le territoire national et ponctuellement à l’international, d'agir ou de favoriser les actions en faveur de la nature et de la biodiversité.

Précisons aussi qu’il faut s’adapter aux circonstances. Il est évident que la plupart des stratégies ont dû être revues en 2020 en raison de la pandémie de Covid 19. La plupart des associations culturelles et sportives ne pouvaient même pas exercer leur activité.

 

Stratégie et financement

Une bonne partie de la stratégie vise les moyens d’obtenir des fonds. Elle peut s’appuyer sur la publicité, des évènements, une collecte… L’édition d’un catalogue de produits est possible mais l’activité marchande doit rester marginale.

Le partenariat offre de grands avantages aux parties prenantes. De quoi s’agit-il ?

Une association et une entreprise privée s’engagent, généralement sur plusieurs années, à coopérer. L’association reçoit une aide, financière ou matérielle, et l’entreprise soigne son image auprès du public. Par exemple, la Poste est partenaire de la Croix Rouge depuis 1914. Parmi ses actions, notons la parution chaque année de timbres surtaxés au profit de cette association.

timbres Croix rouge

Autre exemple bien connu en France : le Téléthon, partenariat entre France Télévisions et l’Association française contre les myopathies.

Enfin, la reconnaissance d’utilité publique (RUP) peut faire partie d’une stratégie de développement. Elle est particulièrement importante pour le financement de l’organisation puisque les sommes versées par les donateurs sont déductibles des impôts dans certaines limites. Elle confère aussi une certaine légitimité.

Pour être reconnue d’utilité publique, une association ou une fondation doit avoir un but d’intérêt général, au moins 200 adhérents, trois années d’existence, un certain montant de ressources, etc.

La RUP se fait par décret en Conseil d’État. En cas de faute grave, elle peut être retirée.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1131

 

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