Le marché du travail

Offre et demande d'emploi

Le marché des biens et services, vous connaissez ? Le marché des capitaux aussi ? Très bien. Mais il existe un autre marché, un peu particulier, celui du travail. Ici, ce qui s’échange n’est pas un objet mais une activité humaine : le travail fourni par les individus et rémunéré par les employeurs.

Le marché du travail est un espace, réel ou virtuel, où se rencontrent ceux qui cherchent un emploi et ceux qui en proposent. Cette rencontre permet de déterminer combien d’individus vont travailler et à quel salaire.

 

Forces du marché

Comme pour n’importe quel marché, on retrouve deux forces fondamentales : l’offre et la demande. Attention ! Ici, les termes peuvent facilement prêter à confusion. Les entreprises demandent du travail, tandis que les individus offrent leur travail. Pourtant, dans le langage courant, on parle souvent de demande d’emploi pour désigner les personnes qui cherchent du travail et d’offre d’emploi pour les postes proposés.

Comprendre le fonctionnement du marché du travail consiste donc à analyser :

  • la demande de travail, de la part des employeurs,
  • l’offre de travail, venant des ménages qui appartiennent à la population active,
  • l’équilibre entre ces deux forces, qui détermine le niveau d’emploi et le salaire.

En pratique, il existe un marché pour chaque métier. Et même, pour un métier donné, le marché n’est pas tout à fait le même pour les individus expérimentés et pour les débutants. Mais pour simplifier, nous raisonnerons globalement.

 

Demande de travail

Pourquoi les entreprises embauchent-elles ?

La demande de travail correspond à la quantité de travail dont les organisations ont besoin pour produire des biens ou services. Autrement dit, lorsqu’une entreprise recrute, elle exprime une demande de travail. Celle-ci dépend de plusieurs facteurs économiques qui influencent la décision d’embauche. On peut en distinguer quatre principaux :

  • la demande pour les produits,
  • la productivité du travail,
  • la substituabilité entre travail et capital,
  • Le coût du travail.

Ces points sont développés en page de demande de travail.

 

Offre de travail

Face à la demande de travail se trouve l’offre, proposée par des individus prêts à travailler et plus précisément des ménages appartenant à la population active. Celle-ci regroupe :

  • les personnes qui ont un emploi,
  • les personnes qui en cherchent un.

Autrement dit, toutes les personnes en âge de travailler ne font pas nécessairement partie de la population active. Les étudiants, la plupart des retraités et certaines personnes inactives n’y appartiennent pas.

L’offre de travail dépend de plusieurs éléments.

  • Le niveau de salaire joue évidemment un rôle important. Plus il est élevé, plus le travail devient attractif par rapport au temps libre. Cependant, la relation n’est pas toujours simple. Lorsque les salaires deviennent très élevés, certains préfèrent travailler moins pour profiter davantage de leur temps libre. On parle alors d’un arbitrage entre travail et loisir.

  • Les caractéristiques démographiques exercent aussi une influence : essentiellement la taille de la population, l’âge moyen, le taux d’activité des femmes et l’âge de départ à la retraite.

  • Les institutions et les politiques publiques impactent l’offre de travail par le biais des politiques familiales, les systèmes de retraite, l’éducation ou encore les dispositifs d’indemnisation du chômage. Ces éléments peuvent encourager ou décourager la participation au marché du travail.

travail

 

Équilibre

Comme les autres marchés, celui du travail fonctionne théoriquement grâce à la rencontre entre l’offre et la demande. L’équilibre correspond à la situation où la quantité de travail offerte par les individus est égale à celle demandée par les employeurs.

À ce niveau d’équilibre se détermine non seulement le volume de travail mais aussi le niveau de salaire (prix du travail).

Lorsque l’offre et la demande se rencontrent, un accord existe entre l’employeur et le salarié. Il se matérialise par un contrat de travail, qui fixe les conditions de l’échange : salaire, durée du travail, missions, etc.

Dans les modèles économiques les plus simples, le salaire joue un rôle d’ajustement. Si la demande de travail est supérieure à l’offre, les salaires augmentent afin d’attirer davantage de travailleurs. À l’inverse, si l’offre de travail est supérieure à la demande, les salaires peuvent baisser.

Mais dans la réalité, le fonctionnement du marché du travail est plus complexe.

Notez qu’on peut aussi l’analyser comme un marché des compétences, où les employeurs recherchent des savoir-faire et où les individus proposent les leurs. Cette approche permet d’appréhender certains déséquilibres du marché (difficulté de recrutement dans certains secteurs, écarts de salaires entre professions, etc.) mais elle n’est pas pertinente pour tous les types d’emploi. De plus, d’autres éléments que les compétences définissent le salaire (réglementation, rapports de force, normes sociales).

 

Indicateurs

Introduisons trois notions.

  • Le plein emploi désigne une situation dans laquelle toutes les personnes qui souhaitent travailler peuvent trouver un emploi. Ceci ne signifie pas zéro chômage puisqu’une partie du chômage structurel reste incompressible.

  • Le sous-emploi est une situation dans laquelle une partie de la population active ne travaille pas autant qu’elle le souhaite : des salariés à temps partiel aimeraient travailler davantage, occupent un emploi en dessous de leur niveau de qualification ou sont contraints d’accepter un chômage partiel. Le sous-emploi montre que le marché du travail peut être déséquilibré même lorsque les individus ne sont pas officiellement au chômage.

  • Le taux d’activité permet de mesurer la place du travail dans une société. Il correspond à la part des personnes en âge de travailler qui sont actives (en emploi ou au chômage). Deux pays peuvent avoir le même nombre d’habitants mais des taux d’activité très différents puisque celui-ci dépend de l’âge de départ à la retraite, de la durée des études, de la participation des femmes au marché du travail, des politiques publiques (retraites, allocations, etc.) et des normes sociales.

 

Limites du fonctionnement du marché du travail

Contrairement à de nombreux marchés de biens, celui du travail ne fonctionne pas librement. Il est encadré par de nombreuses règles juridiques, sociales et institutionnelles, conçues avant tout pour protéger les salariés et garantir des conditions de travail correctes. Par exemple :

  • Le salaire minimum fixe un niveau de rémunération en dessous duquel il est interdit de payer un salarié.

  • La durée légale du travail limite le nombre d’heures travaillées.

  • Les règles de licenciement encadrent la rupture du contrat de travail.

  • Les normes de sécurité et de santé au travail imposent certaines obligations aux entreprises.

Ces dispositifs ont pour objectif d’améliorer la protection des travailleurs, mais ils peuvent aussi limiter la fluidité du marché.

Par ailleurs, le fonctionnement du marché du travail est influencé par les négociations entre partenaires sociaux. Les syndicats de salariés et les organisations patronales négocient régulièrement les salaires, les conditions de travail, les qualifications ou encore les perspectives de carrière. Les accords qui en résultent s’appliquent souvent à l’ensemble d’un secteur, ce qui permet de fixer des règles communes. Mais celles-ci peuvent créer des rigidités, c’est-à-dire des situations où l’offre et la demande de travail ne s’ajustent pas immédiatement.

 

équilibre