Causes du chômage conjoncturel
Le chômage n’a pas toujours les mêmes causes. Parfois, il résulte de transformations profondes de l’économie, de l’évolution des métiers ou des compétences. On parle alors de chômage structurel. Mais dans d’autres cas, la hausse du chômage est liée à un ralentissement temporaire de l’activité économique.
Les entreprises vendent moins, produisent moins… et embauchent moins.
Mécanisme
Le chômage conjoncturel désigne ce type de chômage, provoqué par un ralentissement temporaire de l’activité économique. La demande diminue, les entreprises réduisent leur production et ont donc besoin de moins de travail : elles recrutent moins, ne remplacent pas tous les départs et parfois licencient.
Pour résumer :
- Le chômage conjoncturel est lié aux fluctuations temporaires de l’activité économique.
- Le chômage structurel résulte de transformations plus profondes de l’économie et du marché du travail.
Dans la réalité, les deux phénomènes peuvent se combiner.
Fluctuations de l’activité économique
L’activité économique n’évolue pas de manière régulière. Elle connaît des périodes d’expansion, de ralentissement et parfois de récession. Ces variations influencent directement l’emploi.
En période de croissance, l’emploi progresse. Les ménages consomment davantage, les entreprises reçoivent plus de commandes et produisent davantage pour répondre à cette hausse de la demande. Elles embauchent si elles anticipent une plus forte production sur une période suffisamment longue (voir la demande de travail).
Par exemple, un restaurant qui accueille davantage de clients peut recruter des serveurs (ci-dessous, publicité fin dix-neuvième siècle).

En période de ralentissement, les ménages consomment moins, les commandes diminuent et les entreprises réduisent leur production et donc leur demande de travail.
La crise économique de 2008 constitue un bon exemple de chômage conjoncturel. Le ralentissement brutal de l’activité mondiale a entraîné une forte hausse du chômage dans de nombreux pays.
Toutefois, une économie peut connaître une faible croissance de l’emploi malgré une reprise de l’activité, notamment si les entreprises améliorent fortement leur productivité.
Politiques de lutte contre le chômage conjoncturel
Face à une hausse du chômage conjoncturel, les pouvoirs publics peuvent intervenir pour soutenir l’activité économique et favoriser l’emploi.
Plusieurs types de politiques existent.
1- Les politiques de soutien de la demande globale
La première grande catégorie regroupe les politiques de relance de la demande globale.
- Politique budgétaire : investissements publics, aides aux ménages, soutien à certains secteurs économiques. Ces dépenses créent de l’activité pour les entreprises, qui peuvent alors recruter davantage. L’État peut aussi réduire certains impôts afin de soutenir la consommation ou l’investissement.
- Politique monétaire : action (directe ou indirecte) sur les taux d’intérêt. Lorsque les taux d’intérêt baissent, emprunter devient moins coûteux, les ménages peuvent davantage consommer et, conséquence, les entreprises peuvent davantage investir. L’objectif est de stimuler l’activité économique.
Dans la zone euro, la politique monétaire est menée par la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, la BCE a pour objectif principal la stabilité des prix, c’est-à-dire la lutte contre une inflation trop élevée. Elle doit donc trouver un équilibre entre soutien à l’activité économique et maîtrise de l’inflation.
Les politiques de relance peuvent soutenir l’emploi, mais elles présentent aussi certaines limites :
- Si la demande augmente trop fortement, les prix peuvent augmenter rapidement. Une politique de relance peut donc entraîner de l’inflation.
- Lorsque l’État augmente ses dépenses sans augmenter ses recettes, le déficit public peut se creuser.
- L’efficacité des politiques de relance dépend aussi de la confiance des ménages, des comportements des entreprises et du contexte international. Par exemple, si les ménages préfèrent épargner plutôt que consommer, la relance peut être moins efficace.
2- Les politiques d’allégement du coût du travail
Les pouvoirs publics peuvent aussi chercher à réduire le chômage en diminuant le coût du travail.
Ces politiques peuvent prendre plusieurs formes :
- réduction des cotisations sociales,
- aides à l’embauche,
- exonérations fiscales pour certaines catégories d’emplois.
Ces mesures concernent souvent les emplois peu qualifiés, pour lesquels les entreprises sont plus sensibles au coût du travail.
Les partisans de ces politiques estiment qu’elles favorisent la création d’emplois. D’autres considèrent que la demande adressée aux entreprises reste le facteur principal de l’emploi.
3- Les politiques de formation
Les politiques de formation visent à améliorer les compétences des travailleurs. Même si elles sont souvent associées au chômage structurel, elles peuvent aussi jouer un rôle face au chômage conjoncturel.
En période de ralentissement économique, les formations permettent :
- d’améliorer l’employabilité des travailleurs,
- de préparer les reconversions professionnelles,
- d’adapter les compétences aux besoins futurs des entreprises.
Ces politiques concernent :
- la formation initiale,
- l’apprentissage,
- la formation continue,
- les dispositifs de reconversion.
L’objectif est de faciliter le retour à l’emploi lorsque l’activité économique repart.
4- Les politiques de flexibilisation du marché du travail
Certaines politiques cherchent à rendre le marché du travail plus flexible. Là aussi, il peut s’agir d’une réponse à une conjoncture défavorable mais aussi au chômage structurel.
L’idée est que des règles trop rigides pourraient freiner les embauches. Les entreprises hésiteraient davantage à recruter si elles rencontrent des difficultés pour adapter ensuite leurs effectifs.
Les politiques de flexibilisation peuvent concerner :
- les règles de licenciement,
- les contrats de travail,
- l’organisation du temps de travail,
- les procédures de recrutement.
Cependant, ces politiques suscitent des débats. Certains considèrent qu’une flexibilité excessive peut accroître la précarité des travailleurs et fragiliser certaines catégories d’emplois.
Comme souvent en économie, les effets dépendent du contexte et des modalités concrètes des réformes.
