Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les remboursements in fine

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Obligations remboursées in fine et crédit bullet

Obligations à zéro coupon

Contrairement à ce que cette expression pourrait laisser entendre, une obligation à coupon-zéro n’est pas sans intérêt (désolé pour le jeu de mots, je ne pouvais pas passer à côté). Et malgré cette imperfection de la langue française, l’expression est passée telle quelle dans la langue anglaise…

En fait, les coupons sont réinvestis et donc capitalisés.

Concrètement, l’emprunt obligataire est émis avec un taux nominal nul et remboursé au nominal. Du coup, c’est la prime d’émission qui est très conséquente.

Les durées sont toujours longues (jusqu’à plusieurs dizaines d’années). C’est pourquoi leur acquisition peut s’avérer risquée, l’inflation pouvant carboniser l’espoir des surlendemains qui chantent… Au contraire, une baisse des taux et voici le prix des zéro-coupon qui flambe sur le marché secondaire ! Ce type d’obligation peut donc être considéré soit comme un investissement de très long terme, soit comme un outil purement spéculatif car hyper-sensible aux mouvements de taux…

Application : trouver le taux actuariel de rendement (TRA) à l’émission d’un emprunt coupon zéro dont le nominal de chaque obligation est de 100 €, prix d’émission 60 €, remboursable 10 ans plus tard.

60 × (1 + k)10 = 100, soit k = 5,24 %.

Mais si les obligations zéro-coupon jouent les seconds rôles sur le marché, leur importance est indirectement fondamentale. Pourquoi ? Parce qu’elles représentent une sorte de système-étalon…

Ce dernier apparaît sous les traits d’une courbe des taux. C’est pourquoi la notion de taux zéro-coupon est si importante, sinon pour notre vie quotidienne du moins pour celle du marché obligataire. Elle permet de déterminer un taux de marché pour chaque échéance.

Les gammes de taux ne sont pas directement observées car il n’existe pas suffisamment d’emprunts sans risque à coupon zéro pour chaque maturité. Les courbes sont alors estimées par diverses techniques à partir d’emprunts avec coupons.

Les obligations à coupon unique

C'est une prime de remboursement et non d'émission qui est versée. Il n'est pas nécessaire de faire référence à un quelconque taux.

Un avantage fiscal peut inciter un investisseur à préférer cette formule plutôt qu’une autre plus courante.

Les obligations à remboursement in fine avec versement d’intérêt

Ce sont les plus communes.

Les intérêts sont logiquement les mêmes à chaque versement. C’est donc un système particulièrement simple. Même la formule des intérêts composés est inutile à connaître (sauf si l’on prévoit de réinvestir chaque coupon mais on ne connaît pas le taux qui sera en vigueur à ce moment-là).

L’inflation reste leur ennemie, même si le détachement des coupons limite un peu les dégâts par rapport à une zéro-coupon. Par ailleurs, le taux peut être variable et même indexé sur un indice (coupons et capital).

Dans tous ces cas, le problème pour l’émetteur est de pouvoir décaisser en une seule fois tout le montant de l’emprunt. Ceci n’est pas très douloureux pour les très grosses structures qui émettent régulièrement des emprunts obligataires. Les autres peuvent verser chaque année une somme sur un fonds d’amortissement.

Le crédit bullet

Le remboursement in fine n’est pas l’apanage des emprunts obligataires. La vie d’un emprunt indivis peut évidemment être calquée sur ce principe… À titre d’exemple, un particulier qui souhaite investir dans l’immobilier locatif peut demander un prêt in fine (ou crédit bullet) à son banquier mais il est évident que les garanties exigées en échange seront plus sévères que si le prêt avait été régulièrement amorti (adossement par un contrat d’assurance-vie et hypothèque). Le total des intérêts étant particulièrement élevé puisque le capital ne s’amortit pas, l’opération se révèle très juteuse pour la banque et coûteuse pour l’emprunteur malgré les avantages fiscaux.

 

zéro-coupon

 

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