Les data centers

Généralités sur les data centers

Il fut un temps où chacun conservait ses données sur son disque dur. Aujourd’hui, le stockage EXTERNE est devenu la norme pour la plupart des organisations. Même les particuliers préfèrent partager leurs albums photos grâce à cette solution bien pratique qui a le mérite de ne pas encombrer leur espace de stockage. Certes, ce choix provoque rage et désespoir en cas de panne d’Internet mais en définitive, les avantages sont indéniables : accessibilité, partage, sécurité…

Ainsi, nos données et les logiciels que nous utilisons sont hébergés des data centers situés… on ne sait où ! Parfois à des milliers de kilomètres.

Nous nous intéresserons ici à ces lieux étranges qui présentent de nombreux avantages malgré, nous le verrons, leur côté obscur.

 

Les data centers

Les data centers, ou centres de données, sont apparus au sein des entreprises et des organisations publiques sous forme de simples salles informatiques avant de migrer, pour la plupart dans les années 90, dans des bâtiments spécifiques gérés par des sociétés spécialisées.

À première vue, ce sont d’inquiétants entrepôts sans fenêtres qui abritent des rangées d’équipements informatiques séparées par des allées. À seconde vue… tâchons de les connaître un peu mieux.

Ces infrastructures regroupent des baies de stockage, des serveurs (pour applis, sites web…), des réseaux d’ordinateurs… et bien sûr des équipements pour les relier à Internet et aux réseaux de leurs clients.

Fonctionnant 24 heures sur 24 tous les jours de l’année, les data centers offrent un niveau de sécurité que la plupart des organisations ne pourraient satisfaire en interne. Les matériels sont bien sûr protégés physiquement contre les vols, les incendies, les poussières, les pannes (grâce à des générateurs électriques), les surtensions, etc. mais les données sont également protégées contre la cybercriminalité (IDS, pares-feux…).

Il en existe de toutes les tailles. Ce peut être une simple pièce, voire un container mobile, mais aussi un immeuble entier. Cependant, la tendance actuelle n’est plus au gigantisme.

La rapidité des transferts de données sur Internet n’implique pas que les bâtiments puissent se situer n’importe où. Non seulement il existe des critères économiques et sociaux (stabilité politique, fiscalité, législation, prix de l’électricité…) mais aussi environnementaux (aucun risque d’inondation, pas de zone sismique, zones de fortes chaleurs à éviter pour des raisons de consommation d’énergie…). La proximité d’une rivière peut être intéressante pour le système de refroidissement. Pour toutes ces raisons, l’immense majorité des data centers se situe en Amérique du Nord et en Europe mais assez peu en Asie.

 

Sur site, managé, partagé, cloud

Certaines organisations hébergent leurs propres centres sur leur réseau local. On parle de data center « sur site » (on premise), par opposition à « hors-site » (off premise).

D’autres louent le matériel et sa gestion. On parle de « services managés ».

Le data center partagé est celui qui héberge le matériel de plusieurs clients (y compris les pare-feu).

Souvent, les entreprises conservent les sauvegardes de leurs données dans deux lieux différents. Il arrive aussi qu’elles se dispersent davantage mais la sécurité devient alors très coûteuse.

Notez que le service offert par les centres de données n’est pas le même pour tous. Il existe une norme internationale qui définit quatre niveaux de service (nous ne développerons pas cet aspect technique).

Les data centers dans le cloud sont hébergés chez les fournisseurs de services cloud (Microsoft, OVHcloud…) qui disposent de leur propre matériel (dans leurs propres data centers). Le client ne paie alors que ce dont il a besoin alors que s’il possède le matériel, il n’en utilise généralement qu’une partie de sa capacité.

Certains services sont optionnels, notamment les back up. Par exemple, OVHcloud propose le système 3-2-1 (3 sauvegardes sur 2 médias différents dont 1 délocalisée du site principal).

La solution du cloud est certainement la plus souple et la plus économique mais les organisations qui gèrent des données sensibles préfèrent qu’elles soient stockées sur du matériel qui leur appartient.

C’est pourquoi la plupart des organisations combinent deux solutions, hors-site (managé ou partagé) pour les données les plus confidentielles et le cloud pour les autres (courriels, par exemple).

 

Consommation énergétique

Les data centers sont extrêmement énergivores. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on recommande aux utilisateurs de ne pas encombrer leurs boîtes mails de milliers de vieux courriels inutiles. Si Internet était un pays, il serait le troisième plus gros consommateur d’électricité au monde.

Le fonctionnement des matériels informatiques nécessite en effet une consommation élevée d’électricité et génère une chaleur que ne pourraient supporter employés et matériel sans des systèmes puissants de ventilation et de refroidissement. Ceux-ci consomment à peu près autant d’énergie que le stockage et de la transmission des données. Sans parler des risques d’incendie liés à une fort chaleur, inacceptables pour des structures dont la sécurité est la préoccupation première.

Des solutions existent toutefois pour une réduction de l’empreinte carbone. De nombreux centres de données utilisent les énergies renouvelables, s’installent dans des pays au climat froid… On parle alors de green data centers. Le fin du fin est tout de même de récupérer la chaleur émise, par exemple pour le chauffage de centres commerciaux ou de logements.

Illustration :

https://qarnot.com/

Autre exemple, Google s’engage à faire fonctionner ses data centers sans énergie fossile d’ici à 2030 :

https://www.google.com/intl/fr/about/datacenters/

Notez tout de même que si l'utilisation des matériels numériques est particulièrement énergivore, leur fabrication l’est encore beaucoup plus ! De plus, elle nécessite l’emploi de terres rares et de métaux précieux qui sont des ressources épuisables. Par ailleurs, leur production génère diverses pollutions et certains produits utilisés dans les data centers sont particulièrement dangereux pour l’environnement (batteries de backup, produits chimiques contre les incendies…).

Enfin, n’oublions pas la destruction ou le recyclage des matériels après des années de bons et loyaux services. Lui aussi pèse sur l’empreinte carbone des centres de données.