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(et fondements mathématiques)

La rareté et les choix en économie

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Rareté et opérations économiques

Cette page est l'une des portes d’entrée à ce monde merveilleux (enfin, plus ou moins merveilleux) qu’est la science économique. Elle part d’un concept-clé : la rareté, qui implique un CHOIX. Nous verrons que les principales opérations économiques s’articulent autour de ces deux notions étroitement liées.

La rareté

A priori, elle n’est pas la définition que l’on donnerait à l’économie mais elle est pourtant celle que privilégient de nombreux économistes : « l’économie est la lutte contre la rareté ».

Expliquons-nous. Ce qui n’est pas rare n’entre pas dans la sphère économique. L’air est partout mais il ne se vend pas. Ce n’est donc pas un bien économique.

La rareté est propre à un lieu. Lorsqu’on habite en pleine taïga, le bois de chauffage ne coûte rien. Mais dans un pays désertique, il peut valoir cher et si la population en a besoin, soit elle plante des arbres (production de biens), soit elle en achète (commerce). En d’autres termes, en luttant contre la rareté, elle pratique une activité économique.

Les biens ne sont pas les seuls à être rares. Le travail n’existe pas en quantité illimitée. De même qu’il existe des milliards de biens et services différents, il existe une quantité innombrable de travaux. Parfois, ceux-ci nécessitent des compétences quasi introuvables et parfois aucune.

La rareté d’un bien ou d’un service se mesure par un prix et celui du travail par un salaire. Le prix n’est pas nécessairement exprimé en unité monétaire (euro, dollar…). Le troc, c’est-à-dire l’échange sans monnaie, est bel et bien un acte économique. Le troc est typique de civilisations primitives mais il perdure dans toutes les sociétés, parallèlement aux échanges monétaires. Il peut être un vecteur de lien social. En Europe, le troc tend même à se développer.

Au niveau d’un pays, l’argent lui-même peut d’ailleurs être plus ou moins rare et c'est le taux d’intérêt qui est, théoriquement, le prix de cette rareté. Toutefois, il s’agit là de considérations un peu difficiles pour une toute première approche de l’économie et elles ne seront pas développées ici.

Rareté, besoin et choix

La rareté s’apprécie par rapport à un besoin. Au Moyen Âge, les manuels d’informatique étaient inexistants mais on ne peut pas dire qu’ils étaient rares puisque personne n’en avait l’utilité.

Lorsqu’on évoque la rareté, ce peut être celle de l’argent (contrainte budgétaire d’un ménage, par exemple) ou celle de biens économiques. Elle nous oblige à faire des choix puisque les besoins sont illimités (ou en tout cas beaucoup moins limités que les ressources) ! Il existe des millions de façons de dépenser l’argent et il faut bien choisir. Il existe également de nombreuses manières d'épargner.

Car c'est bien sûr la plus ou moins bonne santé de notre compte en banque qui pose les limites ! Une combinaison de tout ce qu'il est possible d'acheter compte tenu de cette limite s'appelle la contrainte budgétaire.

Les combinaisons sont infinies, même lorsque la contrainte budgétaire est loin d'être celle de Bill Gates. Elles dépendent de nos besoins mais aussi des prix relatifs des différents biens qu'il est possible d'acquérir.

Il est important de bien comprendre ce lien étroit qui existe entre rareté et choix, même si cela ne fait que donner un éclairage particulier à ce que chacun sait depuis sa plus tendre enfance !

Un premier exemple simple peut être donné par un menu dans un restaurant : pour un même prix (ce qui renvoie à la notion de contrainte budgétaire), le choix peut être soit entrée et plat, soit plat et dessert. On comprend aussi que si le client est plus riche, c’est-à-dire que son argent est moins rare, le choix est moins contraignant. Il peut commander une entrée, un plat et un dessert… C’est donc ici la nature et la quantité de biens qui s’adaptent au degré de rareté de l’argent.

Inversement, ce peut être le prix du bien qui est élevé parce que celui-ci est rare. Un timbre de collection unique au monde vaut extrêmement cher tandis qu’un timbre très courant ne vaut presque rien, même s’il est beaucoup plus beau que le premier !

Enfin, le choix qu’implique la rareté peut être celui de l’activité économique elle-même (revoir l’exemple de la rareté du bois dans le désert).

Les opérations économiques

Nous avons rapidement évoqué quelques opérations économiques. Complétons.

« Production » est un terme très général. On peut produire directement à partir de la nature : culture, élevage, pêche, extraction minière… Plus souvent, il s’agit de productions de biens élaborés à partir d’autres biens (industrie). Enfin, bien qu’ils soient immatériels, les services sont eux aussi produits. L’enseignement, l’assurance, le tourisme sont des exemples de productions de services (secteur tertiaire). Les banques, qui sont des entreprises particulières, produisent des services financiers.

Ainsi, il faut souvent utiliser des biens et services pour produire d’autres biens et services. Par exemple, un hôtel est un bien qui sert à rendre un service (dormir avec un certain confort). Une formation en menuiserie est au contraire un service nécessaire pour ensuite produire des biens. Ce sont des investissements. Investir, c’est affecter quelque chose de rare (de l’argent, une machine, des animaux reproducteurs…) en vue de produire une autre rareté. Par exemple, acheter un appartement en vue de récolter chaque mois un loyer est un investissement. Attention, un produit destiné à faire partie du produit final n’est pas considéré comme tel : on n’investit pas dans les bouteilles pour faire de la limonade (en revanche, l’achat d’une embouteilleuse est un investissement). Là encore, l'investissement résulte d'un choix puisque c'est un sacrifice pour aujourd'hui mais un gain plus conséquent pour plus tard.

L’échange est une autre opération économique. Nous l’avons vu, il s’agit le plus souvent de l’échange d’un bien économique contre de l’argent. L’échange est inhérent à la vie en société. Il est impossible de vivre en totale autonomie, à moins de revenir à l’état sauvage et de passer sa vie à chercher sa nourriture !

Mais tout échange est-il marchand en ce bas monde ? Non, heureusement. Il existe aussi une production non marchande. Grosso modo, il existe trois types d’organisations : les entreprises, les organisations publiques et les associations. Ces deux dernières offrent des services non marchands.

Les organisations publiques sont l’État et les collectivités locales. Elles dépensent de l’argent « public » (issu de l’impôt) pour offrir aux usagers des services généralement gratuits. On ne paie pas un droit pour marcher sur un trottoir. Par exemple, la police nationale est un service de l’État et la police municipale est celui d’une collectivité locale. L’utilisation individuelle de ces services n’est pas limitée. Il est possible de déposer une ou plusieurs plaintes gratuitement… ou ne jamais en déposer de sa vie. De même, l’État paie les enseignants du secteur public ; un jeune qui quitte l’école à 16 ans profite moins de ce service que celui qui poursuit ses études jusqu’au doctorat. Certains services sont toutefois payants (transports) tandis que d’autres le sont en fonction de l’usager (ticket d’entrée dans un musée national gratuit pour un demandeur d’emploi).

Selon leur objet, les associations proposent quant à elles des services soit gratuits, soit payants. Une association humanitaire, par exemple, apporte des services gratuits à ceux qui en ont besoin. Ses ressources sont les dons et les subventions. En revanche, une association financée par des cotisations  n’apporte des services qu’à ses adhérents : un club sportif offre les moyens matériels de pratiquer un sport, un parti politique envoie des lettres d’information… La principale différence qui existe avec une entreprise, c’est que l’association n’a pas pour vocation à dégager un bénéfice (celui-ci doit être investi pour le fonctionnement de l’association mais non distribué à ses dirigeants).

Quels acteurs créent la richesse ?

Tous les acteurs économiques créent de la richesse, soit parce qu’ils ont préalablement investi, soit par leur seul travail. Cependant, les richesses produites ne sont pas du même ordre selon les acteurs. Les entreprises, banques comprises, investissent pour produire des biens et services et gagner de l’argent qui est en partie réinvesti. Les individus travaillent, consomment et épargnent ; leurs investissements sont beaucoup plus limités. Les administrations publiques ont pour objet une production non marchande ; la richesse qu’elles produisent est un ensemble de conditions qui permettent de vivre en société dans des conditions de sécurité et de confort (protection des ménages, subventions aux associations, infrastructures pour les entreprises, etc.).

 

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