Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

La production

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Production et coûts

Niveau d’étude pour une lecture fructueuse de cette page : classe de seconde (programme de SES).

Comment produire ? Pour répondre à cette question cruciale, commençons par définir sommairement la production.

La production est l’activité de transformation par laquelle on crée des biens et services. Elle peut être marchande (entreprises) ou non marchande (administrations, associations.

La production marchande est un élément clé de l’économie. À l’échelle d’un pays, elle s’apprécie par divers indicateurs comme le PIB. On étudie son évolution, sa répartition par secteurs d’activité, etc.

Comment produire ? Grâce à des facteurs de production.

Il en existe de deux types : le travail et le capital fixe. En économie, le « capital » a une signification un peu particulière. Ce n’est pas une somme d’argent mais du matériel productif (des machines, des camions, des locaux…). Le travail est la main d’œuvre humaine qui permet de produire. En principe, on a besoin des deux facteurs pour créer quelque chose, dans des proportions qui varient selon le type de production. Attention, travail et capital sont des ressources qui ne sont ni détruites ni transformées au cours du processus de production, contrairement aux biens intermédiaires (NB : un bien intermédiaire est parfois appelé capital circulant, par opposition au capital fixe).

Une production très automatisée nécessite beaucoup de capital et relativement peu de travail. À l’opposé, un service ne requiert parfois que très peu de capital.

À titre d’exemple, prenons diverses activités d’observation visuelle. Un appareil d’imagerie médicale coûte particulièrement cher. La radiographie contient une très forte proportion de capital. En revanche, un photographe professionnel peut se payer seul ses outils de travail. Au pire, un simple reflex et quelques objectifs peuvent constituer son capital. Les photos qu’il réalise comprennent donc une forte proportion de travail. Enfin, l’observation ne se traduit pas forcément par une image : la « production » d’un physionomiste provient à 100 % du travail !

Les proportions relatives de travail et de capital nécessaires à l’élaboration d’un produit forment une combinaison productive.

Souvent, il est possible de remplacer un facteur par un autre. Les facteurs sont dits substituables. En général, dans les pays développés, on substitue le capital au travail en automatisant le plus possible les tâches pour diminuer les coûts de production (le sens contraire est rarissime !). Ainsi, les péages d’autoroutes sont maintenant très largement automatisés, les nouvelles lignes de métro sont sans chauffeur, les robots ont depuis longtemps remplacé la plupart des ouvriers dans les lignes de montage, etc. La substitution du travail par le capital est due aux progrès technologiques qui améliorent la productivité mais aussi au coût du travail. Lorsque celui-ci devient trop élevé, notamment en raison de la législation, les entreprises trouvent un intérêt financier soit à délocaliser leur production soit à automatiser les tâches.

Au contraire, lorsque les proportions entre capital et travail ne peuvent pas être modifiées, on dit que les facteurs sont complémentaires.

Vous vous en doutez, ces facteurs ne sont pas gratuits. Ils se traduisent par des coûts.

Un coût est une dépense supportée par une organisation pour produire quelque chose.

Il est très important de faire la différence entre un coût et un prix. Le prix est la quantité d’argent échangée contre un bien ou un service tandis que le coût représente une quantité d’argent qui a été dépensée pour lui être intégrée.

Exemple : vous achetez une veille voiture 1 000 € (c’est un prix) et vous la retapez grâce à 200 € de matériel. Elle vous a donc coûté 1 200 € (c’est un coût). Puis vous la revendez 2 000 € (c’est un prix). Il vous reste un bénéfice de 800 € (si les coûts étaient supérieurs au montant de la vente, vous ne constateriez pas un bénéfice mais une perte).

Il existe plusieurs types de coûts. On retrouve d’ailleurs souvent des problématiques de coûts dans les exercices de maths en première et en terminale, surtout en filière ES (applications pratiques des chapitres sur les fonctions).

Distinguons deux types de coûts : les coûts fixes et les coûts variables.

Un coût fixe est un coût qui est supporté quel que soit le niveau de production. Les loyers des bâtiments ou une bonne partie des salaires devront être payés même s’il n’y a aucune activité. Et même si la production est forte, ces coûts restent identiques.

Un coût est variable lorsqu’il dépend de la quantité produite. Plus une laverie automatique a de clients, plus elle consomme de l’eau et de l’électricité.

La richesse créée par une entreprise est appelée valeur ajoutée (VA). Il s’agit de la valeur de la production diminuée de celle des consommations intermédiaires (c’est-à-dire de tout ce qu’elle a acheté à l’extérieur). La TVA est une taxe établie sur cette valeur : une entreprise verse à l’État la taxe reçue sur ce qu’elle vend et se fait rembourser celle qu’elle a payée sur ce qu’elle achète. Donc, la taxe s’applique bien à la seule VA.

La VA sert à payer les salariés, à rembourser les emprunts, à financer l’activité… (son calcul n’est pas au programme de seconde).

Exercice 1 : facteurs de production

L'entreprise X produit des tonnes de machin. Pour cela, elle doit choisir entre deux combinaisons productives :

combinaisons productives

Sachant que chaque mois un salarié coûte en moyenne 3 000 € et qu’une machine coûte 4 000 €, quelle combinaison est-il plus économique de choisir ?

Exercice 2 : calculs de coûts

L'entreprise Y fabrique des tonnes de bidules en transformant des tonnes de machin (il faut UNE tonne de machin pour fabriquer UNE tonne de bidules). Chaque mois, elle décaisse 100 000 € pour ses créanciers, 500 000 € de salaires, 10 000 € d’amortissement de machines-outils et 50 000 € de loyers divers. Elle paie la tonne de machin 2 000 € et revend chaque tonne de bidule 20 000 €. Tout ce qui est produit est aussitôt vendu. Quel est son résultat pour une production de 10, 20, 30 et 50 tonnes de bidules ?

Corrigé 1

Combinaison A : (12 × 3 000) + (5 × 4 000) = 56 000 €
Combinaison B : (15 × 3 000) + (3 × 4 000) = 57 000 €

La combinaison B est plus coûteuse que la A. L’entreprise X choisit logiquement A.

Corrigé 2

Les coûts fixes s’établissent à 660 000 € (prêts, salaires, amortissements et loyers). Le coût variable est égal au nombre de tonnes multiplié par 2 000 (le prix de la tonne). Le coût total est la somme des deux. Le chiffre d’affaires est égal au nombre de tonnes vendues multiplié par le prix unitaire, c’est-à-dire 20 000 €.

tableau

Pour aller plus loin, voir la page modes de production.

 

cien de berger

 

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