Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Le PIB

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Présentation et limites du PIB

Le Produit Intérieur Brut est une notion économique qui s'invite très souvent dans la presse. Pour autant, elle n’est pas connue de tous. Faisons plus ample connaissance.

La valeur ajoutée

Afin de produire des biens et services, une entreprise utilise des matières et d’autres services, provenant soit d’autres entreprises, soit de la nature. Elle ajoute sa propre valeur à ce qu’elle a consommé pour produire. C’est sa valeur ajoutée. Si vous souhaitez savoir plus précisément comment elle est calculée, rendez-vous en page valeur ajoutée. Ce terme est commun à la macroéconomie et à l’économie d’entreprise (comptabilité, gestion).

Les biens et services que l’entreprise a acquis pour réaliser sa production sont appelés consommations intermédiaires (du moins en économie car en entreprise on précise davantage : matières premières, services extérieurs…).

Parfois la « matière première » est gratuite. Par exemple les poissons de l’océan. Mais il faut du matériel, donc des consommations intermédiaires, pour le pêcher et le mettre à disposition des clients sur les étals.

Au contraire, un bien manufacturé peut intégrer le travail de très nombreuses entreprises qui ont chacune apporté des consommations intermédiaires. Le fabricant de tableaux de bord intègre plusieurs éléments, pour certains créés par elle et pour d’autres achetés. La production de certaines pièces et l’assemblage sont donc sa valeur ajoutée. Le produit fini est vendu au fabricant automobile pour qui le tableau de bord est une consommation intermédiaire. Lorsque le client final achète une voiture, il paie une taxe sur l’ensemble des valeurs ajoutées accumulées (la TVA).

Pour mesurer la valeur ajoutée, on la traduit bien sûr en unité monétaire. Ceci pose quelques problèmes techniques en période de forte inflation ou quand une consommation intermédiaire est payée en devises mais nous ne développerons pas ces aspects dans cette page introductive.

Production marchande ou non marchande

Nous nous sommes jusqu’ici situé dans un processus de production marchande, les biens et services produits étant vendus.

Il existe aussi une production non marchande. Ce sont les services que les pouvoirs publics ou certaines associations mettent gratuitement à la disposition des habitants. Un procès et un enseignement public sont des services non marchands.

PIB et PNB

Si l’on fait la somme de toutes les valeurs ajoutées dans un pays au cours d’une période donnée, par exemple une année, on obtient un agrégat appelé Produit Intérieur Brut (PIB).

Le PIB est donc la somme des valeurs ajoutées réalisées dans les limites du territoire national. On y intègre aussi le coût de revient des productions non marchandes et les taxes sur les importations mais on retire les subventions.

Le PNB (Produit National Brut) est un agrégat assez proche. C’est la somme des valeurs ajoutées des biens et services produits par des nationaux, où qu’ils se trouvent dans le monde.

Donc si un Algérien produit quelque chose à Paris, la valeur ajoutée qu’il a créée est incluse dans le PIB de la France mais pas dans son PNB. Au contraire, si un Français produit à Alger, la valeur ajoutée qu’il dégage fait partie du PIB de l'Algérie et du PNB de la France.

Pour comparer les PIB de plusieurs pays, il est évident qu’il faut les traduire dans la même unité monétaire.

Par ailleurs, si cette comparaison donne une bonne idée des puissances économiques des différents pays, elle n’est pourtant pas suffisante pour donner une idée de la richesse de leurs habitants. D’où le calcul d’un PIB par habitant (division du PIB par le nombre d’habitants).

Par exemple, en 2013, le PIB de l’Égypte s’élevait à 272 milliards de dollars, soit davantage que le Qatar (203 milliards). Mais si l’on s’intéresse au PIB par habitant, on obtient 3 300 dollars annuels pour un Égyptien contre près de 94 000 dollars pour un Qatari !

Ce qui est appelé croissance économique est le taux d’accroissement du PIB d’une année sur l’autre (ou d’un trimestre sur l’autre), du moins lorsqu’il est positif. Le graphique ci-dessous montre l’évolution du PIB en France en euros courants (c’est-à-dire que si l’on retirerait l’effet de l’inflation sur la période, la courbe grimperait moins). Source INSEE.

croissance en France

Là encore, les chiffres doivent être analysés à la loupe. Par exemple, si un pays accueille une forte immigration, son PIB global augmente, mais son PIB par habitant recule (à moins que les immigrés aient des qualifications plus élevées que les autochtones et qu’ils trouvent des emplois qui leur correspondent). Nous verrons ci-dessous pourquoi la lecture du PIB doit s'accompagner de précautions et ceci est bien sûr valable pour les statistiques de croissance.

Les croissances comparées de plusieurs pays sont elles aussi entachées de problèmes de mesure (fluctuations des taux de change).

Les limites du PIB

Ce n’est pas parce que les économistes se réfèrent très souvent au PIB que celui-ci doit être considéré comme un instrument de mesure idéal.

Lorsqu’on rend un service gratuitement ou que l’on produit quelque chose pour soi-même (autoconsommation), le PIB n’est pas du tout impacté. Donc si dans un pays il est de tradition de s’entraider et de récolter les fruits de son jardin, le PIB est « handicapé » par rapport à celui du pays où tout se vend. Ce n’est pas pour autant que l’on y vit moins bien.

Les activités illicites et d’une façon générale tout ce qui n’est pas déclaré n’est pas comptabilisé (mais on procède à des estimations dans certains pays).

Les externalités négatives sont un booster pour le PIB ! Plus une entreprise pollue et plus la collectivité supporte des coûts de dépollution… qui se retrouvent dans le PIB.

Les catastrophes naturelles apportent elles aussi leur lot de malheurs et… de coûts intégrés au PIB.

Par ailleurs, le PIB par habitant n’est qu’une moyenne qui ne dit rien sur la disparité des revenus ou au contraire une relative homogénéité. Mais ce problème est inhérent aux moyennes de toute nature. Elles ne reflètent jamais la dispersion, en économie comme ailleurs.

Exemple d’activités générant de l’activité, donc du PIB : un automobiliste renverse un cycliste et prend la fuite. Le PIB s’accroît de services non marchands (police pour rechercher le fautif, puis justice, SAMU puis hôpital pour la victime), de biens marchands (le cycliste rachètera un vélo), de services marchands (l’employeur du cycliste recrute un intérimaire pendant la période d’hospitalisation), etc.

Le BNB et l’IDH

Des tentatives existent pour créer et faire vivre des indicateurs qui, contrairement au PIB, n’intègrent pas d’effets pervers. Ils restent toutefois peu connus du grand public.

Le BNB (Bonheur National Brut) est un indicateur qui existe depuis 1972 au Bhoutan. L’IDH est l’Indice de Développement Humain. Créé en 1990 par le Programme des Nations Unies pour le Développement, il est calculé à partir de trois indices : hygiène et santé (mesurées par l’espérance de vie à la naissance), éducation (notamment la durée moyenne de scolarisation) et revenu.

 

 

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