Les politiques conjoncturelles

Grands équilibres et conjoncture

 La conjoncture est l’état des interactions entre agents économiques au cours d’une période brève. Son étude est celle des évolutions des grands indicateurs économiques : croissance, taux de chômage, investissements, etc. Elle est suivie comme on peut suivre l’état de santé de quelqu’un : savoir soigner de petits bobos mais aussi déceler les premiers symptômes d’une grave maladie.

 

Grands équilibres et carré magique

Les grands équilibres économiques d’un pays sont les quatre objectifs du « carré magique » de Nicholas Kaldor : la croissance, la stabilité des prix, l’emploi et l’équilibre des comptes extérieurs (X. Greffe ajoute un cinquième objectif, la stabilité des taux de change).

La politique économique d’un État vise à satisfaire ces objectifs dans l’immédiat mais aussi à prendre des mesures d’anticipation afin de ne pas compromettre leur atteinte à un horizon de plusieurs années.

Le carré magique n’est ni carré ni magique. Ne soyez pas déçu, il est tout de même pratique.

Quatre axes gradués représentant les quatre objectifs partent d’un même point. Une graduation indiquant des objectifs parfaitement respectés se situe loin du centre. Par exemple, le plein emploi correspond au point le plus éloigné du centre sur l’axe du taux de chômage. Pour un pays donné à une date donnée, les quatre mesures sont reliées et forment un quadrilatère. Les bons résultats sont toujours les plus éloignés du centre.

Par exemple, ci-dessous, on compare une situation idéale (en noir) à celle de la France des années 2010 (en rouge). Cette présentation ne vaut que pour son aspect pédagogique car les axes n’ont pas été gradués. En effet, il n’existe pas de norme universelle de graduation, ni de situation idéale. Par exemple, on peut représenter un carré avec une inflation maximale de 5 % ou de 100 % (voire beaucoup plus !) selon les cas.

carré magique

De façon plus pratique, on peut superposer plusieurs quadrilatères sur un même schéma, soit à différentes époques pour présenter une évolution d’un pays en particulier, soit à une même date pour comparer les résultats économiques de plusieurs pays. C’est le principe du graphique en radar.

L’ordre des axes n’est pas plus normalisé que leurs graduations. Vous trouverez donc des présentations différentes au gré de vos lectures.

 

Conjoncturel et structurel

Certaines mesures ont des effets à moyen et long terme (supérieurs à deux ans). Elles sont structurelles et n’ont pas vocation à avoir des effets positifs immédiats.

La politique des transports en est un exemple. La construction de réseaux routiers, fluviaux et ferroviaires est particulièrement coûteuse mais elle permet de faciliter les transports de personnes et de marchandises pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Elle fait partie des politiques sectorielles.

locomotive

Au contraire, les politiques conjoncturelles ont vocation à réguler les grands équilibres économiques à court terme.

 

Les politiques conjoncturelles

Une politique contracyclique a pour but d’atténuer les effets d’un cycle économique.

Par exemple, lors d’une phase de récession, l’État peut opter pour une politique de relance. Des mesures sont prises pour favoriser l’emploi et relancer la demande.

Au contraire, lors d’une phase de surchauffe, les pouvoirs publics peuvent chercher à ralentir la demande, notamment par des mesures fiscales, afin d’éviter une situation inflationniste et un creusement du déficit extérieur. Dans le même temps, les dépenses de l’État deviennent plus limitées. On parle alors de rigueur, ou de politique d’austérité.

Le contraire d’une politique contracyclique est une politique procyclique.

Les principaux leviers d’une action sur la conjoncture sont la politique monétaire et la politique budgétaire.

La combinaison de ces deux moyens d’action est connue sous le nom de policy mix.

En période de relance, la politique monétaire consiste notamment à baisser les taux d’intérêt afin de faciliter le crédit, donc la consommation et l’investissement. En période d’austérité, les taux sont au contraire élevés pour freiner la demande.

En période de relance, la politique budgétaire se traduit par des dépenses publiques élevées dans le but de soutenir la demande. Au contraire, en période de rigueur, l’État vise l’équilibre budgétaire. La tâche est toujours difficile car le budget contient aussi des éléments de politique structurelle.

policy mix

Dans la zone euro, la politique monétaire relève de la BCE. Son seul objectif est la maîtrise de l’inflation. Quant aux politiques budgétaires des pays membres, elles sont encadrées par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC). Cette combinaison « aimante » les politiques nationales vers la rigueur plutôt que vers la relance.

 

rigueur ou relance ?