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(et fondements mathématiques)

Les conséquences négatives du stress

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Conséquences du stress et burn-out

À petite dose, le stress au travail est plutôt bénéfique. Il stimule. En revanche, lorsqu’il est intense ou chronique, ses conséquences sont pénibles voire dramatiques pour les individus affectés mais aussi coûteuses, tant pour les employeurs que pour la collectivité. Le stress négatif peut conduire au burn-out, voire à un état d’épuisement qui nécessitera un arrêt de travail définitif. Le stade ultime est hélas le décès (suicide, maladie cardio-vasculaire… Cf. Travailler à en mourir, Moreira & Prolongeau, Flammarion 2009). La mort par surmenage due à une autodestruction des glandes surrénales, ou karoshi, est heureusement rarissime.

Cette funeste perspective devrait tout de même vous convaincre de faire le point sur les priorités de l'existence...

Conséquences sur l’individu

Selon les résistances psychologiques que chacun développe, les réactions à un même stress sont extrêmement diverses et parfois invalidantes. Elles sont autant de signaux d’alarme qu’il faut savoir interpréter pour envisager des mesures correctives. Cette démarche est toutefois délicate dans la mesure où tous ces signaux peuvent avoir d'autres causes que le stress.

Pour l’individu, les conséquences sont d’ordre physiologique, émotionnel, intellectuel, comportemental et physique.

Physiologique : les troubles du sommeil sont parmi les premiers indicateurs d’un stress élevé. Dans la mesure où celui-ci consomme beaucoup d'énergie, il provoque aussi des besoins en sucres et en excitants qui perturbent le système digestif. Les troubles de la sexualité sont également des symptômes de contrariétés.

Émotionnel : petit à petit, une démotivation et une perte de confiance en soi s’installent. D’autres modifications du caractère peuvent aussi apparaître : susceptibilité, colères, crises d’angoisse, tristesse, hyperémotivité…

Intellectuel : troubles de concentration, altération du jugement, trous de mémoire, difficultés à décider sont, parmi d’autres, quelques effets possibles du stress.

Comportemental : selon les individus, le stress peut se traduire par des maladresses, des addictions, des tics ou encore des conduites à risque.

Physique : en sursollicitant les défenses immunitaires, le stress est la cause de nombreuses maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, infarctus du myocarde…), gastro-intestinales (ulcère peptique, colite ulcéreuse…), rénales (néphrites…), de la peau (urticaire, eczéma, psoriasis…), neuropsychiatriques (névroses, schizophrénies…), etc. Les personnes particulièrement émotives ont des risques accrus de développer des pathologies.

En causant des tensions musculaires, il est aussi le vecteur d’un autre « mal du siècle » : le mal de dos.

Enfin, même le stress positif s'accompagne d'une dépense d'énergie qui peut se révéler invalidante par ailleurs : « cette énergie disponible contribue à l'amélioration des performances physiques et intellectuelles. Ces performances aboutissent à une consommation importante des ressources psychobiologiques. En effet, cette dépense de ressources se fait au détriment des processus de croissance et de réparation [...]. Les systèmes digestif, sexuel et immunitaire sont inhibés. » J.-B. Stora, Le Stress, Que sais-je ? 2002 p. 101.

Le burn-out

Lorsque le stress au travail est chronique, il peut évoluer vers le burn-out (ou syndrome d’épuisement professionnel), c’est-à-dire par la combinaison de trois dimensions : un épuisement émotionnel, des mécanismes psychologiques d’autodéfense (dépersonnalisation) et un sentiment d’échec.  C’est Christina Maslach, chercheuse américaine en psychologie, qui l'a conceptualisé.

1- L’épuisement émotionnel se traduit par une très grande fatigue et une démotivation.

2- La dépersonnalisation est une attitude induite par l’épuisement. Elle se traduit par une absence d’empathie. Les autres ne sont pas considérés dans toute leur humanité, ce sont juste des « passants » qui font partie du décor…

3- Il s’ensuit une déconsidération de soi, le sentiment d’avoir échoué. Cette phase est postérieure à l’épuisement émotionnel mais ne passe pas forcément par la dépersonnalisation.

Exemple : un professeur cherche vainement à intéresser ses élèves. Il a beau tenter de se mettre à leur place et passer ses week-ends à élaborer de nouvelles techniques pédagogiques, rien à faire. Il devient démotivé, fatigué, irritable. Il se fiche que ses élèves retirent quoi que ce soit de son cours. Dépersonnalisation. Certains dorment. Peut-être quelques-uns essaient-ils de l'écouter mais ils y parviennent à peine car d’autres chahutent. Témoin de ce spectacle quotidien en décalage total avec ses idéaux de départ, le professeur s’estime nul. Burn-out.

Si l’individu s’accroche trop à son travail, s’il cherche à se surpasser malgré les symptômes, soit il finit par craquer soit il est stoppé dans sa fuite en avant : dépression, AVC, accident de la route dû à la fatigue…

Il existe plusieurs questionnaires dont l’objet est de mesurer le stress. Mais il en existe aussi pour mesurer le niveau de burn-out. Le MBI (Maslach Burnout Inventory’s) est un questionnaire de 22 questions qui s'articulent sur les trois étapes de Maslach. Il en existe d'autres (NSC, MSP).

Certaines professions sont davantage exposées au burn-out, en particulier celles qui imposent un contact permanent avec des personnes extérieures (clients, patients, usagers…).

Pour l’employeur

Le stress entraîne souvent des coûts cachés. C'est pourquoi l'employeur a tout intérêt à prévenir le stress.

Quelles qu’en soient les causes, il provoque accidents du travail, malfaçons, baisse de productivité, turnover et absentéisme. Selon le BIT, le stress serait à l’origine de plus de la moitié des absences pour maladie. Au manque à gagner il faut ajouter les risques judiciaires qui se traduisent par des coûts identifiés (dommages-intérêts, frais de justice).

Mais il est délicat de déterminer la véritable raison d’une absence et a fortiori du coût que celle-ci entraîne. Comment imputer une absence au stress, d’autant qu’avant d’être une cause, celui-ci est déjà une conséquence ?

Exemple : en raison de son comportement trop perfectionniste, un manager stresse son assistant. Des tensions musculaires s’installent dans le dos de celui-ci à tel point qu’il doit s’arrêter de travailler. Quelle est la cause réelle de cet arrêt ? Le comportement du manager, la situation de stress ou le mal de dos ? Il est donc plus rigoureux de dire que le stress est impliqué dans plus de la moitié des absences pour maladie.

La détérioration du climat social ou la dégradation de l’image de l’entreprise lorsque la presse relate des faits graves sont d’autres conséquences plus difficilement chiffrables. En France, des séries de suicides ont durablement abîmé la réputation de grandes entreprises comme Renault et France Telecom (qui a d’ailleurs changé de nom pour Orange). Mais il s’agit moins de stress poussé au maximum que de problèmes de harcèlement, c’est-à-dire d’une volonté de nuire (qui n’existe pas en situation de stress).

Pour la collectivité

Considérant la proportion très élevée des maladies dans lesquelles le stress est impliqué, les coûts à la charge des organismes sociaux pèsent fortement sur la collectivité.

Aux indemnisations liées aux maladies, il faut ajouter une non-production qui impacte significativement les comptes nationaux (compte tenu des remarques ci-dessus, il serait cependant très hasardeux d’estimer le manque à gagner).

La meilleure solution est la prévention du stress, bénéfique à tout point de vue (individuel, organisationnel, économique).

 

épuisé émotionnel

 

© JY Baudot - Droits d'auteur protégés