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(et fondements mathématiques)

L'absentéisme au bilan social

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Indicateurs du bilan social sur l'absentéisme

Comme son nom l’indique, le bilan social n’est qu’un constat de ce qui s’est produit dans le passé. Ainsi les informations qu’il fournit n’ont pas pour vocation à juste remplir une obligation légale mais doivent servir de réflexion, quitte à être prolongées par des études complémentaires, soit d’évaluation de coûts, soit prospectives.

L’absentéisme fait l’objet d’une rubrique plutôt étoffée de ce document.

Au-delà des raisons d'absences parfaitement légitimes, ce phénomène est aussi un indicateur particulièrement révélateur de la plus ou moins bonne santé sociale d’une organisation. Il est donc normal qu’il soit suivi par la direction des ressources humaines (voir la page suivi de l’absentéisme).

Comme la plupart des indicateurs du bilan social, ceux qui concernent l’absentéisme existent pour les trois dernières années et présentent un détail pour chaque niveau de qualification.

Passons en revue ces différents indicateurs, tels qu’ils sont définis dans le code du travail.

Le nombre de journées d’absence : les congés ne sont évidemment pas considérés comme des absences mais les journées de grève non plus. Ceci peut surprendre, d’autant qu’il n’existe pas dans le bilan social de rubrique dédiée aux conflits collectifs (certaines entreprises en font toutefois état dans la partie consacrée aux relations sociales).

Le nombre de jours théoriques travaillés : l’intérêt de cette information est le rapprochement du nombre de jours ouvrés d’absence (indicateur précédent) au nombre de jours théoriquement travaillés. Rappelons qu’un ratio est toujours plus commode pour suivre une évolution ou pour permettre des comparaisons inter-entreprises.

Les indicateurs suivants constituent simplement le détail du nombre de jours d’absence par motif.

Le nombre de jours d’absences pour maladie : qu’importe s’il s’agit de journées sans traitement, à demi-traitement ou plein traitement. Il est toujours possible de les distinguer mais le code du travail n’en impose pas le détail.

Les maladies professionnelles sont exclues puisqu’elles font l’objet d’un autre indicateur.

La répartition des absences pour maladie selon leur durée : le choix des tranches de durée est laissé à l’entreprise.

Un salarié peut être comptabilisé à l’effectif mais être absent depuis des décennies ! Sa prise en compte peut être intéressante pour certaines études mais au contraire brouiller l’évaluation d’une politique sociale. C’est pourquoi le choix du découpage n’est pas neutre. On peut penser qu’il s’agit là d’un travail sans grand intérêt puisqu’il est facile, pour réaliser une étude, d’obtenir ce que l’on souhaite avec la base de données. Mais sur une longue période, il est fréquent de devoir s’appuyer sur des documents synthétiques, diverses réorganisations rendant délicate voire impossible l’interrogation de ladite base sur le passé. Et si l’on veut prendre toute la mesure des absences de longue durée, il faut justement une bonne profondeur d’historique.

Exemple : intitulés du bilan social de la SNCF (2013). Pour alléger la présentation, une seule année a été reproduite.

Le nombre de journées d'absence pour accidents du travail et de trajet ou maladies professionnelles : les définitions sont celles qui permettent d’établir la troisième partie du bilan social (voir la page suivi de la sécurité au travail). Elles comprennent éventuellement des prolongations ou des rechutes qui se rapportent à un accident survenu au cours d’une année précédente.

Le nombre de journées d'absence pour maternité : un des intérêts de cet indicateur est de pouvoir retraiter le nombre de journées d’absence, par exemple dans le cadre d’un audit social. En effet, la maternité ne dépend pas de considérations internes à l’entreprise.

Le nombre de journées d'absence pour congés autorisés (évènements familiaux, congés spéciaux pour les femmes...) : les motifs de ces congés sont souvent listés dans la convention collective.

Le nombre de journées d'absence imputables à d'autres causes : ce peut être des stages pour formation économique, sociale et syndicale, une présence aux prud’hommes, des examens, des congés paternité ou sans solde, etc.

Il n’est pas très judicieux d’y intégrer des motifs qui se traduisent par des absences relativement longues : congés sabbatiques, parentaux ou pour création d’entreprise. Le cas échéant, il est toujours possible de créer un indicateur spécifique pour les distinguer.

Pour terminer, un nouvel extrait du bilan social de la SNCF qui répartit les journées d'absence selon les causes.

causes d'absences

 

 

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