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(et fondements mathématiques)

Les normes sociales

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Normes sociales sur le lieu de travail

Notre société fonctionne avec une quantité innombrable de règles, non écrites dans la loi mais respectées par la plupart d’entre nous. On ne parle pas trop fort dans un musée, on ne double personne dans une file d’attente, on ne laisse pas ses enfants s’amuser seuls au rayon jouets du supermarché, etc. Les comportements déviants sont mal vus car, dénotant un non-respect de normes admises par une large majorité, ils sont perçus comme traduisant la volonté de leurs auteurs de se soustraire à la cohésion sociale, voire de s’opposer à elle.

Au niveau d’un groupe restreint à un lieu de travail, par exemple un atelier ou un siège social, il existe également une sorte de code de bonne conduite. Et attention, non seulement il n’est pas écrit mais il peut même être en contradiction avec un règlement intérieur !

Ce code tacite s’inscrit dans un ensemble plus vaste de règles qui est la culture d’entreprise, elle-même soumise aux normes de niveaux supérieurs (nationaux, civilisationnels).

Les normes

Dès qu’un groupe même minime est constitué, des normes s’établissent sans que chacun en ait conscience.

Les normes sont des critères de comportement, le plus souvent implicites, partagés par les membres d’un groupe. Elles peuvent être plus ou moins contraignantes.

Il existe des différences culturelles selon que l’on vit en France ou aux États-Unis, que l'on travaille dans la métallurgie ou dans une banque, que l'on est ouvrier ou professeur… Les normes sociales d’un groupe résultent d’une synthèse de ces conventions sociales mais aussi du vécu des individus qui composent le groupe (ou qui l’ont composé et sont partis parfois depuis longtemps) et surtout du rôle que l’on attend d’eux. Comme l’expriment S. Robbins et T. Judge (Comportements organisationnels, Pearson, 2006), « les normes au sein d’un groupe sont comme des empreintes digitales : elles sont uniques ».

En entreprise, elles régissent d’abord la relation au travail. Il peut être mal vu d’être trop zélé ou au contraire de quitter son bureau trop tôt le soir… Pour un nouvelle recrue, les normes peuvent être très stimulantes ou au contraire particulièrement démotivantes !

Ensuite, ce sont les marques distinctives qui montrent l’appartenance au groupe. Elles sont comportementales ou visuelles. La tenue vestimentaire est sans doute la marque visuelle la plus emblématique : on ne s’habille pas de la même façon selon que l’on travaille dans une banque d’affaires, un collège, une ferme ou… un camping naturiste !

Enfin, les interactions sociales structurent elles aussi le sentiment d’appartenance au groupe. Ce sont par exemple le tutoiement, le fait de déjeuner ensemble ou encore certains rituels (se retrouver à la machine à café ou lors d’une réunion de service hebdomadaire, par exemple).

Généralement, un arrivant reste en retrait parce qu’il lui faut le temps d’observer et de détecter quelles sont les normes à respecter pour ne pas commettre d’impair. C’est sa phase de socialisation.

Certaines règles apparaissent toutefois dans la rédaction-même de l’annonce de recrutement, aussi bien à travers le vocabulaire employé, qui est une norme parmi d’autres, que par un comportement attendu expressément décrit.

Conformité

La conformité aux normes est l’uniformisation des attitudes et des comportements. Un membre du groupe n’adhère pas forcément à toutes les normes mais peut s’y conformer « pour être tranquille ».

Lorsqu’un individu semble abandonner sa propre personnalité pour se soumettre scrupuleusement aux us et coutumes du groupe, on parle plutôt de conformisme. Ce terme est connoté négativement, contrairement à la conformité.

En effet, la richesse, la créativité, la dynamique d’un groupe viennent des différences de ses membres. Difficile d’évoluer si tout le monde pense la même chose et agit en conséquence !

Par ailleurs, un individu appartient la plupart du temps à plusieurs groupes : au travail, à un cercle d’amis, à un club de sport, etc. Les normes ne sont pas les mêmes d’un groupe à l’autre et sont même parfois contradictoires. Soit dit en passant, le marketing joue beaucoup sur le sentiment d’appartenance (voir la page comportements du consommateur). Tiraillés entre les différents groupes auxquels nous appartenons, nous jouons le rôle attendu au bon endroit et au bon moment…

Cependant il existe des individus qui, volontairement ou non, adoptent des comportements non conformes.

Déviance

La déviance peut être légère et sa sanction l’est également. Un membre de l’équipe qui ne participe jamais aux pots du service se le verra reprocher gentiment, puis des réflexions lui seront adressées régulièrement s’il persiste à faire bande à part. Souvent, les remarques se font sur le ton de l’humour ce qui permet de ne blesser personne tout en offrant la possibilité au censeur de dire « qu’il blaguait » s’il perçoit un agacement. Mais si l’humour fait rire, il est aussi un excellent moyen de faire passer des messages délicats de façon insidieuse (à méditer !).

Un comportement déviant peut se révéler néfaste. Le harcèlement, la médisance ou une extrême paresse sont sources de stress pour les autres et peuvent provoquer des démissions (ou le licenciement de l’individu antisocial). Bien sûr, les agissements les plus graves sont punis par la loi.

Minorités actives

La déviance n’est pas forcément le fait d’un seul individu. La remise en cause des normes sociales peut venir d’un sous-groupe, d’une minorité qui marque son désaccord vis-à-vis d’une ou plusieurs règles admises jusqu’alors. L’influence de la minorité active se heurte à la résistance au changement mais peut aussi bien l’emporter sur la majorité et ainsi faire évoluer les normes.

Au niveau d’une organisation (entreprise, établissement scolaire, hôpital...), des remises en cause existent aussi, parfois au prix de conflits collectifs.

Enfin, il en est de même au niveau national où certaines associations jouent le rôle de minorités actives. Par exemple, certaines s’insurgent contre les jouets pour petites filles, généralement roses, qui reproduisent les mêmes clichés de génération en génération sur la séparation des sexes. Mais pour l’instant, rien ne bouge ! En revanche, les vidéos filmées dans les abattoirs français par l’association L214 en 2015-2016 ont bousculé les mentalités d’une partie de la population et de la classe politique.

 

 

 

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