mèche CD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Statistiques et DRH

Ce n’est pas à la direction des ressources humaines (DRH) qu’on utilise les techniques quantitatives les plus élaborées. Certes, il existe quelques mécanismes descriptifs propres, notamment d’analyse de la masse des rémunérations, mais les statistiques consistent le plus souvent en tris à plat et le data mining possède l’exotisme d’une soucoupe volante. C'est pourquoi les pages RH de ce site sont davantage orientées sur les indicateurs de tableau de bord que sur les traitements statistiques.

RH et statistiques

Dans le cadre d’une entreprise, on a l’immense avantage de travailler une base de données fiable. Mais si l’on analyse des fichiers signalétiques et de paie de plusieurs sociétés, ou d’entités d’un groupe ayant des systèmes de rémunération propres, ça se complique évidemment (systèmes de primes différents, voire conventions collectives différentes…). Ainsi, les données RH peuvent se révéler être, pour le statisticien, aussi bien le materiau le plus facile à traiter que son pire cauchemar.

A noter qu’une « observation » statistique n’est pas obligatoirement un salarié. Ce peut être une élection professionnelle, une référence de formation, un contrat d’intérim ou un mouvement social, pour ne mentionner que ces quelques exemples.

On procède peu aux échantillonnages, sauf pour des projets très particuliers. Par exemple, une enquête peut être réalisée lors d’un audit social. Du coup, les statistiques DESCRIPTIVES sont largement plus employées que les statistiques probabilistes comme par exemple les tests, dont l'utilisation demeure intéressante. On peut tester, par exemple, la conformitéd'une moyenne observée à une norme nationale, la conformité d'une proportion à la norme du secteur... mais on n'est jamais certain des définitions utilisées par ailleurs ! Il peut être utile de vérifier si deux sous-populations peuvent être considérées comme identiques par rapport à un critère quantitatif donné (voir page comparaison de deux populations avec un exemple sur la structure des rémunérations).

Les statistiques habituelles sont réalisées sur les problématiques qui figurent dans le bilan social, dont je reprendrai ci-dessous la trame en guise de fil conducteur : effectifs, rémunérations, accidents du travail, formation, indicateurs sociaux. Il est bien évident que ces rubriques ne sont pas cloisonnées. Ainsi, une étude sur la dégradation d'un climat social portera sur le turnover, l’absentéisme hors maternité, les difficultés à pourvoir un poste, les accidents du travail, les grèves, les votes considérés comme « protestataires » aux élections professionnelles, les indicateurs de productivité… Bref, des informations saupoudrées un peu partout dans le bilan social.

Les chapitres du bilan social

Le chapitre le plus volumineux de ce document est celui des effectifs et il inclut les recrutements, la répartition par tranches d'âges, l'ancienneté, les promotions, les départs, les travailleurs handicapés, les contrats d’intérim, l'absentéisme…

Le deuxième chapitre traite des rémunérations et de la masse salariale.

Les négociations paritaires donnent toujours lieu à des simulations mais qui ne nécessitent ni statistiques stricto sensu, ni techniques particulières.

Les comparaisons de montants moyens de primes entre différentes unités sont bien sûr possibles mais, dès qu’on s’attache aux rémunérations globales, on préfère toujours observer les médianes. Il existe toujours quelques salaires élevés qui enlèvent tout intérêt aux moyennes et les distributions normales ne sont presque jamais vérifiées. La répartition des rémunérations sur une population donnée est toujours très étalée à droite.

La concentration plus ou moins inégalitaire des revenus est mesurée par l'indice de Gini. Diverses problématiques de gestion des ressources humaines peuvent vous amener à considérer le niveau de rémunération de base comme variable à expliquer d’une régression multiple. Les variables explicatives peuvent alors être l’âge, l’ancienneté, les points Hay ou le nombre d’années d’études. Si le modèle obtenu est jugé fiable, il permet d’identifier d’éventuels outliers qui ne manqueront pas de susciter de bonnes questions sur leur déroulement de carrière. Il permet également d’identifier les variables les plus déterminantes, ainsi que leurs évolutions relatives si la régression est effectuée chaque année. Calculés distinctement sur plusieurs sous-populations (hommes / femmes, cadres / non cadres…), les t de Student attachés aux coefficients de régression montrent à quels facteurs les rémunérations de ces sous-populations sont le plus sensibles.

Notons un phénomène qu’on peut trouver sur un bilan social, appelé « effet de pondération des niveaux » : en raison d’évolutions différentes des dénominateurs (les effectifs), une moyenne globale peut montrer une progression inférieure ou supérieure à l’évolution de ses « composantes ». Exemple de progression des rémunérations sur une population d’encadrement :

Extrait bilan social

Évidemment, lorsqu’on tombe dessus pour la première fois, ça surprend. Heureusement, cet effet est généralement connu aussi bien par le DRH que par les mandataires sociaux.

Les accidents du travail et de trajet n’appellent pas de remarque particulière. La prévention utilisant les outils statistiques paraît un peu limitée mais ces indicateurs peuvent constituer des variables intéressantes (Cf. ci-dessous dégradation du climat social).

La formation fait l’objet d’un suivi descriptif au niveau global qui laisse peu de place aux statistiques. L’évaluation de l’efficacité de tel ou tel stage, en revanche, se prête davantage aux analyses quantitatives.

Enfin, les indicateurs sociaux concernent essentiellement les grèves et les résultats des élections professionnelles. Hormis de simples tris à plat et courbes d’évolution, ces données sont utilisables à condition de s’appuyer sur d’autres indicateurs. Le nombre annuel de journées perdues pour cause de grève peut être la variable à expliquer d’une régression multiple (par unité et / ou par année) à condition d’ignorer les mouvements sociaux d’ordre national.

Cette trame peut être celle d'un tableau de bord. Ce n'est sans doute pas la meilleure...

Terminons sur un point important : si les statistiques un peu plus fouillées que les tris à plat ne font pas partie de la culture de votre DRH, elles vous serviront néanmoins à sélectionner les indicateurs du tableau de bord les plus judicieux !

Portail RH : http://www.e-rh.org/

Voir aussi : http://www.manager-go.com/ressources-humaines.htm

Indicateurs : http://eduscol.education.fr/D0217/grh_naro.htm

 

pirate DRH

plus de livres (France)    plus de livres (Canada)