Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les coûts partiels

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Notions sur les coûts partiels

Les techniques de coûts complets ne peuvent apporter de réponse à toutes les questions que se posent les gestionnaires : où le seuil de rentabilité se situe-t-il ? Quel est le coût marginal de cette production ? Aurai-je une augmentation en fin d’année ? La méthode des coûts partiels apporte une réponse à ces questions, du moins aux deux premières…

Rappelons ce qu’est un coût : il s’agit d’une somme d’argent nécessaire pour produire, entreposer ou acheminer un produit ou une marchandise. Les charges qui figurent au compte de résultat d’une entreprise sont donc incorporées dans les coûts. Au contraire, un prix n’existe que sur un marché.

Un coût global peut être décomposé de façon séquentielle et c’est l’objet de la technique des centres d'analyse de déterminer des coûts d’achat, de production, de revient…

On peut aussi dissocier analytiquement ses composantes. Certaines d’entre elles sont en effet très proches du produit tandis que d’autres en sont plus éloignées… À titre d’exemple, le coût d’un yaourt inclut celui du lait mais il incorpore aussi une infime partie des salaires du personnel administratif. Comme son nom l’indique, la méthode du coût partiel s’attache plus particulièrement à une PARTIE du coût.

Ces deux familles de techniques constituent deux outils complémentaires de la comptabilité de gestion.

La méthode des coûts partiels constitue bien une FAMILLE de techniques parce qu’il existe plusieurs façons de décomposer un coût. Et même pour telle technique donnée, une part importante d’appréciation demeure dans sa mise en œuvre.

Présentons à présent les trois membres de la famille.

Les coûts variables (direct costing)

Le principe consiste à distinguer les charges fixes des variables. On dégage sur chaque produit une marge sur coût variable qui permet la détermination d’un seuil de rentabilité ou d'un point mort et, au-delà du seuil, de comparer les rentabilités des différents produits. Le calcul du coût marginal repose lui aussi sur la distinction fixe vs variable.

Les coûts directs

Ne pas confondre avec la technique précédente malgré l’expression anglaise « direct costing ». Comme son nom l’indique, cette technique ne prend en considération que ce qui est directement lié au produit.

Même s’il peut exister une petite zone de flou entre une charge directement attribuable à un produit et entre des frais indirects, elle reste la moins difficile des trois à mettre en œuvre.

À titre d’exemple, la maintenance informatique et la publicité dédiées à tel prêt bancaire sont à incorporer dans le coût direct de ce produit. On voit bien que ce concept n’a rien à voir avec celui de coût variable car ces activités ne sont pas directement liées au nombre de prêts accordés et qu’elles font partie des charges fixes. En revanche, les intérêts supportés par la banque qui doit emprunter pour accorder ce prêt constituent pour elle une charge directe et variable.

La méthode des coûts directs est la moins employée car elle répond moins que les autres aux diverses problématiques du contrôle de gestion.

Les coûts spécifiques

Cette technique est un hybride des deux précédentes. On l’appelle aussi « direct costing évolué » ou méthode des contributions.

En effet, tous les coûts rapportés à un produit, y compris fixes ou indirects, font partie du coût spécifique. La méthode est exigeante en recherche d’informations et elle permet de déterminer au mieux la contribution du produit au résultat. Dans l’exemple ci-dessous, seule la case grise n’entre pas dans l’analyse.

coûts spécifiques

Selon l’ordre des experts-comptables, on peut même incorporer un coût à la fois fixe et indirect du moment qu’on peut l’affecter à tel produit.

Le choix d’une méthode

On serait tenté de choisir systématiquement la méthode du coût spécifique qui est la plus aboutie. Or, le choix d’une technique plus difficile à mettre en place est aussi la plus coûteuse et il faut arbitrer entre un coût (celui de l’obtention de l’information) et le profit qu’on en retire. C’est le B.A-BA de la gestion, appliqué à la gestion elle-même !

Selon le type d’activité, le choix peut s’imposer de lui-même.

En tout état de cause, on ne peut se cantonner à une seule analyse de coût partiel pour la bonne raison que l’autre partie risque de ne jamais être correctement analysée. Si par exemple une entreprise se contente du seul direct costing, ses charges fixes seront mal suivies. Le risque est alors d’enchaîner des périodes euphoriques et des périodes de restriction drastique sur cette catégorie de frais.

 

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