Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les stratégies internationales

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Ouverture internationale

L’économie d’un pays ne se limite jamais à ses frontières. Rien de nouveau à cela : il y a 5 500 ans, la basse Mésopotamie commerçait avec la haute Mésopotamie, échangeant des dattes, du grain et de l’huile contre le bois et les pierres nécessaires à son système d’irrigation.

Il ne vous a pas échappé qu’aujourd’hui les choses ont un peu évolué.

D’abord quelques définitions…

Le commerce international représente l’ensemble des flux de biens et services échangés entre les pays. Une importation est un flux entrant sur le territoire national tandis qu’une exportation est une vente à l’étranger.

Les économies sont plus ou moins ouvertes à l’international. Sur une période définie, le taux d’ouverture (ou degré d’ouverture) d'un pays est la moyenne de ses exportations et de ses importations rapportée au Produit Intérieur Brut (PIB). Si par exemple un pays exporte 200, importe 220 et que son PIB s’élève à 700, alors son taux d’ouverture s’établit à 210 / 700 = 30 %.

Au niveau mondial, cette ouverture ne fait que croître. Elle a particulièrement progressé au cours des dernières décennies sous le double effet d’un espace élargi et de délais réduits.

L’élargissement de l’espace provient d’une plus forte intégration internationale de pays jusqu’alors relativement fermés (impliquant de nouveaux marchés mais aussi de nouveaux concurrents) ainsi qu'à une diminution globale des droits de douane.

La réduction des délais et des coûts s’observe dans les transports mais aussi dans les communications. Par exemple, les visioconférences facilitent la rapidité des prises de décision, Internet permet de trouver plus facilement des partenaires économiques, etc.

Pourquoi une entreprise se développe-t-elle à l’international ?

1- La plupart du temps, une entreprise commerce avec l’étranger afin d’y trouver les ressources qu’elle ne trouve pas dans son pays d’origine. C’est la raison pour laquelle le commerce international est né, parfois au prix de conquêtes militaires. Un torréfacteur européen est bien obligé d’acheter son café dans un pays producteur. L’entreprise peut aussi s’établir sur le lieu des ressources. Ainsi Total est une entreprise française qui possède des installations dans les différentes zones pétrolifères de la planète.

Au cours de l’Histoire, les entreprises importatrices d’un produit en particulier se sont souvent trouvées réunies, par commodité ou par décision royale, en un même lieu dans un pays qui pourtant n’avait a priori rien à voir avec le produit en question. Ainsi, à partir du XVIme siècle, Lyon a été la capitale de la soie alors que la matière première venait d’Italie. Anvers est aujourd’hui la capitale du diamant alors qu’il n’existe pas de mine diamantifère en Belgique. Etc.

2- Une entreprise peut préférer délocaliser une partie de son activité à l’étranger afin de bénéficier de coûts plus avantageux, d’une meilleure stabilité politique et économique, de certaines compétences ou encore de bonnes infrastructures. Par exemple, la délocalisation de centres d’appels téléphoniques est un phénomène lié d’une part à la baisse du coût des communications et d’autre part à des différences salariales importantes entre pays.

3- Le développement à l’international peut aussi s’expliquer par un rapprochement vers les consommateurs. Il est évident que Mc Donald’s s’est implanté dans la plupart des pays pour y trouver des clients qui n’auraient pas fait un aller-retour aux États-Unis pour manger un Big Mac !

Les modalités de développement

Une petite entreprise peut vendre ou acheter directement à l’étranger, la poste prenant à sa charge l’acheminement des biens. Mais au-delà d’un certain volume d’affaire, il n’est plus envisageable de faire l’économie d’une structure adaptée.

L’étape suivante est d’avoir un correspondant à l’étranger qui s’occupe des formalités d’importation et de la commercialisation.

Si l’activité se développe encore, il faut s’établir sur place. On parle d’investissement direct à l’étranger (IDE) pour désigner les flux de capitaux provenant des entreprises qui développent une activité en-dehors de leurs frontières.

Quelles formes prennent les IDE ?

Ce sont d’abord des structures créées dans le pays d’accueil : forces de ventes puis unités de production (délocalisation). Elles prennent souvent la forme de filiales, c’est-à-dire d’unités juridiquement distinctes mais dont le capital est contrôlé à au moins 30 % par la maison-mère.

Les investissements ne sont pas toujours physiques. Ils peuvent aussi être financiers, notamment par acquisition de parts dans le capital de sociétés déjà existantes. Par exemple, en 1998, le constructeur automobile allemand BMW pris le contrôle du britannique Rolls-Royce. Les acquisitions de capital peuvent d’ailleurs être « croisées » : en 1999, le constructeur japonais Nissan prenait une participation dans Renault qui dans le même temps s’invitait au capital de Nissan.

Le réinvestissement sur place des bénéfices ou encore les prêts à une filiale sont des IDE. En revanche, s’il s’agit de simples investissements financiers non assortis d’une volonté de prendre des décisions de gestion, ce sont des investissements de portefeuille.

Enfin, le stade ultime de l’internationalisation est la multinationalisation. La structure organisationnelle d’une multinationale est complexe, la stratégie globale étant du ressort de la maison-mère alors que les décisions de gestion sont prises dans les filiales.

Il existe aussi une autre modalité d’ouverture à l’international : la co-entreprise, ou joint-venture. Ainsi une alliance provisoire entre entreprises est souvent la solution la plus efficace pour se développer à l’étranger.

Toutes les formes de co-entreprises sont possibles : simples contrats d’assistance, franchise, création d’une holding…

Risques

L’internationalisation présente malgré tout quelques risques pour l’entreprise. Le plus important est le risque pays (politique). Au cours des dernières années, le gel de certaines relations commerciales avec l’Iran puis avec la Russie ont été particulièrement pénalisantes pour de nombreuses sociétés européennes. D’autres risques existent tant à l’importation (non-conformité, problèmes dus au transport, modes de production scandaleux…) qu’à l’exportation (difficultés à connaître le marché…).

D’autres risques se traduisent aussi au niveau macroéconomique (chômage dû aux délocalisations…) mais aussi au niveau sanitaire pour le consommateur (denrées contenant des pesticides interdits à l’utilisation dans le pays importateur, par exemple).

Toutefois le sens de l’Histoire est bien le développement de relations de plus en plus étroites entre les pays.

 

 

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