Techniques et concepts de l'entreprise, de la finance et de l'économie 
(et fondements mathématiques)

Les supports et les résistances

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Tendances et canaux dans l'analyse chartiste

Trend is your friend dit le dicton. Certes, mais c’est une amie un peu lunatique…

Les tendances de prix (ou de volumes) observées sur les marchés sont particulièrement brouillées. Elles ne s’analysent donc pas avec les mêmes techniques que la plupart des tendances non boursières. Notamment, ce ne sont pas des régressions qui les font apparaître. Le seul outil qui soit commun aux habituelles méthodes prévisionnelles et à l'analyse technique des cours de bourse, et dont le rôle consiste à dégager une tendance, est la moyenne mobile (MM), toutefois employée de façon particulière.

Sur les marchés financiers comme ailleurs, la tendance (trend) reste l’élément le plus important. Du moins dans le cadre des analyses chartistes car il existe un débat sur l'existence-même des tendances, niées par la théorie de la marche au hasard (Random Walk Theory). La loi de l'arc-sinus permet de concilier l'inconciliable en montrant qu'une suite de mouvements purement aléatoires génère justement des tendances...

Le critère n°1 pour l'analyse technique

Non seulement la tendance est l’indicateur le plus simple pour se positionner à l’achat ou à la vente, mais l’observation des tendances sur les différents marchés (actions, taux et matières premières) est un élément important de la répartition d’un portefeuille.

Contrairement à une tendance étudiée, par exemple, pour une analyse des ventes, celle du prix d’un titre est toujours considérée comme linéaire (on ne considère pas sur cette page les MM de moyen ou long terme également appelées tendances). Mais leurs équations n’intéressent personne et restent sagement dans l’ordinateur.

D’abord, l’horizon de trade détermine le laps de temps sur lequel on observe visuellement les cours : day trading, swing trading, trade moyen terme ou investissement. Sur la durée, plusieurs tendances se succèdent (sinon, il serait si simple de faire fortune…) et même se superposent. En l’espèce, il n’y a pas de différence avec les méthodes prédictives. Une tendance peut se poursuivre durant des semaines ou des années avant d’être invalidée (les périodes d’observation du day trading ne sont pas abordées ici).

La superposition que je viens d'évoquer est celle d'une tendance de fond, en général pluri-annuelle, haussière (bullish) ou baissière (bearish) et d'orientations contraires qui durent jusqu’à plusieurs semaines.

Graphiquement, les tendances ne prennent pas la forme d'UNE droite mais de lignes reliant quelques valeurs minimales (pour une hausse) et maximales (pour une baisse) de cours de clôture observés sur une période parfois longue (on s’intéresse beaucoup plus rarement aux extrêmes intra-days). Une droite joignant au moins deux sommets est appelée résistance et une droite qui joint des points bas s’appelle un support.

Certains analystes considèrent qu’une tendance évolue entre DEUX droites plus ou moins parallèles, dans une zone appelée canal (trading range s’il est horizontal) alors que d’autres rattachent les canaux aux « figures » chartistes. Un canal qui se rétrécit est un biseau. Quoi qu’il en soit, leur franchissement, généralement accompagné de forts volumes, indique en principe une modification structurelle des prix. Le schéma le plus courant reste tout de même un rebondissement, à la hausse ou à la baisse, après avoir buté sur ces droites.

Et voici pourquoi j’ai écrit que les tendances étaient considérées comme linéaires : une sinusoïdale est une courbe bornée par deux droites, une fonction exponentielle est une suite de canaux rectilignes successivement débordés, etc.

Un franchissement peut parfois constituer un faux signal et les cours retourneront dans leur couloir. C’est enfoncer une porte ouverte de dire qu’un problème particulier doit être apprécié dans une situation globale, à la Bourse comme ailleurs. Il est évident que le prix d’un titre en particulier doit s’apprécier par rapport à l’évolution d’un indice (Dow Jones, CAC 40, Footsie…), duquel il n’est jamais complètement soustrait.

Par ailleurs, on observe fréquemment des droites horizontales, qui servent alternativement de support et de résistance, de court ou de long terme (principe de polarité).

Pour terminer, précisons la puissance d'une tendance est mesurée à l'aide d'outils appropriés, les oscillateurs.

Exemple

Prenons l’exemple du cours de l’action Sanofi-Aventis entre novembre 2007 et avril 2008 (analyse sur chandeliers japonais réalisée sur le site de Boursorama). On observe une tendance à la baisse, mais la résistance est franchie le 25 mars. Il était attendu que la hausse se poursuive au-delà de cette date, d'autant que l'on remarque une figure en tête-épaules inversé. Ceci se produit effectivement, même si le mouvement s’essouffle rapidement. Est-ce une nouvelle orientation à la hausse dont on ignore encore les lignes directrices ? Il semblerait plutôt qu’un mini canal de reprise ait été trop fragile pour tenir…

Trend Sanofi

Une vision à long terme est dès lors indispensable :

Trend long terme Sanofi

On voit que l’action est sortie par le bas d’un canal baissier de deux ans. Il existe un support horizontal de long terme à 45 euros et un autre à 41,50 euros (pas besoin de plusieurs points bas pour les lignes horizontales, un seul suffit).

Bien sûr, le trader ne regardera pas que ces éléments (il manque notamment les volumes). Mais en première approche, il est difficile d’être optimiste sur ce titre. Il aurait fallu observer un rebond beaucoup plus vigoureux, comme en 2003. Le scénario privilégié est une descente sur le support à 41,50 euros.

 

spéculateur

 

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